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9 avril 1553 : François Rabelais se meurt dans la plus grande solitude

L'un des plus grands écrivains français naît dans le Val de Loire, près de Chinon, au site nommé « La Devinière » aux alentours de 1494 près de l'abbaye bénédictine de Seuilly en Poitou. Il était d'usage à l'époque de faire entreprendre des études monastiques aux jeunes hommes, a fortiori les aînés. Rabelais suit donc la tradition, forcé, et l'enseignement monastique et scolastique lui répugnent vite. Il devient cependant Moine (on ne pouvait guère se révolter à cette époque) et rejoint le couvent franciscain de Fontenay-le-Comte alors qu'il a 26 ans en 1520. Il apprend, en cachette, les auteurs grecs, guidé par un humaniste, Guillaume Budé. Bien vite, ces lectures sont interdites par la Faculté de théologie de Paris (l'ancienne Sorbonne). Rabelais délaisse donc les Franciscains, beaucoup trop austères et rejoint les Bénédictins. Protégé par l'évêque Geoffroy d'Estignac, Rabelais rejoint l'abbaye de Maillezais et accompagne son évêque à Rome. À l'âge de 35 ans, il rejoint Paris et s'inscrit à l'Université. Cela en est fini de sa vie de moine, il adopte l'habit de prêtre séculier. Curieux de tout, il fait alors le tour de la France et étudie la médecine. Il devient ainsi médecin le 17 septembre 1530 à
Montpellier qui abrite la très brillante académie de médecine. Devenu médecin à part entière, Rabelais s'installe à Lyon, exerçant à l'Hôtel-Dieu. Les pensées philosophiques ne le quittent guère c'est ainsi que Rabelais correspond avec Erasme. Ses revenus de médecin et de professeur lui permettent à peine de vivre. C'est alors qu'il tombe, par hasard, sur un roman à succès « les grandes chroniques du grand et énorme géant Gargantua ». À sa lecture, il en est ébaudi et se penche alors sur une suite qui pourrait bien l'aider à vivre en « mettant du beurre dans les épinards ». Rabelais s'attelle donc à sa tâche. Son ouvrage terminé, il le publie, alors âgé de 40 ans, sous un pseudonyme (Alcofribas Nasier étant l'anagramme de François Rabelais). Le titre en est « les Horribles et Espouvantables Faicts et Prouesse du très renommé Pantagruel, roy des Dipsodes, fils du grant Gargantua »... Toute une histoire ! L'oeuvre très farfelue, est mise en vente le 3 novembre 1532 à Lyon. Le succès est au rendez-vous surtout dans les milieux populaires. Ayant dès lors une certaine renommée, Rabelais voyage à nouveau et se trouve un nouveau protecteur en la personne de l'évêque de Paris, l'oncle du célèbre poète Joachim du Bellay. L'évêque Jean du Bellay décide alors d'employer Rabelais en qualité de médecin personnel. A son retour à Lyon, plein d'enthousiasme, Rabelais écrit un nouveau livre : « la vie très horrifique du grant Gargantua, père de Pantagruel », une énorme farce satirique. Dans ses oeuvres, il innove dans le style parlé mêlant expressions populaires et littéraires. Critique des moeurs de son époque, surtout celles des bourgeois et des nobles ainsi que des religieux, il ne ménage personne. Il prône également une éducation libérée de toute contrainte : « fays ce que voudras ». Malheureusement, Rabelais tombe mal avec sa publication « Gargantua ». François 1er est en butte aux reproches de l'Eglise et commence à pourchasser les anticonformistes. Rabelais, prudent, prend la poudre d'escampette et regagne l'Italie bien que « Gargantua » et « Pantagruel » l'aient rendu célèbre. Ses livres sont réédités dans les versions originales qui s'en prenaient à l'Eglise... Résultat ? La Sorbonne le condamne le 2 mars 1543. Mais le fier bonhomme ne s'avoue pas vaincu et écrit « le tiers Livre » dans lequel il disserte sur les femmes et sur le mariage. L'ouvrage est aussitôt condamné et Rabelais s'enfuit à Metz. Il entreprend, une fois les choses calmées, un quatrième voyage à Rome et publie à son retour à Lyon « le Quart Livre », une parodie des ambitions de l'époque de trouver un passage Nord-Ouest pour atteindre la Chine en passant par l'Amérique. Décidemment peu écouté, Rabelais obtient quand même quelques subsides du cardinal Jean du Bellay. Il s'éteint le 9 avril 1553 à Paris, solitaire et dans le dénuement. Son humour désopilant, ses prises de position d'avant-garde ont fait de Rabelais un écrivain hors normes, complètement en phase avec la révolution que représentait la Renaissance Française. Contemporain de Clément Marot, de Pierre Ronsard ou de Joachim Bellay, ainsi que de Guillaume Budé et d'Erasme, Rabelais a toujours choisi de s'exprimer en français plutôt qu'en latin et a prôné l'humour et l'hédonisme plutôt que la rigueur et l'étroitesse de vue.

Contributions de Catherine
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Saint Gautier

Saint Gautier était un picard. Il intégra le monastère de Rebais. Encore débutant, il libéra un prisonnier de l'abbaye car il avait reçut l’enseignement « Donne à qui te le demande ». Par la suite, le roi lui demanda de s'occuper de l'abbaye de Saint Martin. A la recherche de solitude, il fuit son poste à plusieurs reprises. C'est lorsque que le roi Grégoire VII, après avoir donné la bénédiction à Gautier, lui demanda de retourner prendre son poste à l'abbaye de Saint Martin de Pontoise qu'il obéit.



 

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