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10 mars 1762 : la mort de Jean Calas provoque l’indignation de Voltaire. C’est « l’affaire Calas ».

Jean Calais naît le 19 mars 1698 à Lacabarède, près de Castres dans une famille protestante. À cette époque, il est très mal vu d'être Protestant et la famille se résout à baptiser l'enfant quatre jours plus tard dans la foi catholique. Devenu marchand textile à Toulouse, bien plus tard, en 1731, Jean Calas se marie avec une Protestante, Anne-Rose Cabibel. Le couple aura quatre fils et deux filles. L'aîné, Marc-Antoine est baptisé le 7 novembre 1732 tandis qu'un autre fils, Louis, va se convertir au catholicisme. Marc-Antoine est reçu brillamment bachelier en droit mais n'arrive pas à obtenir la licence nécessaire à son activité qui doit lui être remise par les autorités ecclésiastiques et il doit se résoudre à continuer à vivre chez ses parents bon gré mal gré. Le 24 janvier 1761, le subdélégué de Toulouse écrit une lettre à l'intendant du Languedoc en l'informant que Jean Calas ne subvient pas aux besoins de son fils Louis, qui ne vit d'ailleurs plus sous son toit. C'est le drame le 14 octobre 1761 : le fils aîné Marc-Antoine est retrouvé étranglé au rez-de-chaussée de la maison familiale. Il s'agit d'un suicide mais les rumeurs vont bon train : le père Jean Calas aurait tué son fils car celui-ci avait décidé de se convertir au catholicisme... Une enquête est menée par le Capitoul David de Beaudrigue. Le lendemain, Jean Calas est placé sous écrou ainsi que son
autre fils Pierre et leur invité présent le soir du drame, Gaubert Lavaisse. Les trois accusés expliquent qu'il y a eu meurtre par étranglement de la part d'un inconnu puis, sur le conseil des avocats, affirment qu'il s'agit d'un suicide qu'ils auraient maquillé en meurtre en mentant aux enquêteurs. En effet, à l'époque, les suicidés n'étaient pas enterrés convenablement selon les lois de l'église catholique. Après une enquête d'un mois, les Capitouls de Toulouse concluent à la culpabilité du couple Calas, de leur fils Pierre, de Jeanne Viguière et de Gaubert Lavaisse. Plaidant l'innocence, ils font appel devant le Parlement de Toulouse. Celui-ci sépare les cas des accusés et finit par condamner Jean Calas au supplice par huit voix contre treize. Ainsi, le 10 mars 1762, Jean Calas est roué sur la place publique, torturé, étranglé puis brûlé en criant jusqu'au bout son innocence. Entre en jeu alors un certain Voltaire. Alors qu'il est à Genève, il est informé de cette sombre affaire par un marchand marseillais, Dominique Audibert. Au début, Voltaire pense qu'il s'agit simplement d'une affaire de fanatisme des Protestants. Mais, il va poursuivre son enquête, étant assailli de doutes. Il va alors tenter de s'informer et ne pourra conclure que les rumeurs sont à la source de cette condamnation et que le fanatisme est bien du côté des Catholiques. Frappé par l'incohérence du jugement, Voltaire est également troublé par l'acharnement montré par Jean Calas à clamer son innocence malgré les tortures. Voltaire va mener son enquête durant trois mois et sera finalement convaincu de l'innocence de Jean Calas, proclamant également que les juges ont été grugés par des indices trompeurs. Il va juste incriminer David de Beaudrigue, accusé d'hostilité manifeste vis-à-vis des Calas et d'avoir négligé son enquête. Voltaire va alors se déchaîner en mobilisant l'opinion publique. À Genève, il va former des comités d'enquêtes chargés de trouver des preuves mais aussi de gérer les fonds provenant de toute l'Europe protestante destinés à la famille Calas. Outre tous les Protestants, des monarques se joindront à ce mouvement (Frédéric II de Prusse, Catherine II de Russie, Stanislas Lecszinski quand il était encore roi de Pologne, etc.). Voltaire fait aussi publier des textes pour expliquer l'iniquité de la sanction, et écrit des dizaines de lettres aux grands de ce monde. C'est ainsi qu'il arrive à sensibiliser le Ministre Choiseul et Madame de Pompadour, la maîtresse en titre de Louis XV. Mais ce n'est pas tout, il fait aussi appel à l'émotion en envoyant la femme de Jean Calas à Paris, provoquant ainsi une vague d'émotions à la Cour. Voltaire va peu à peu, faire preuve d'un grand sens de la communication bien avant l'heure en manipulant l'opinion publique. Il va ainsi faire éditer une estampe représentant les adieux de Jean Calas à sa famille. Ce dessin aura un retentissement considérable. Tout ce tapage médiatique organisé par Voltaire aura pour conséquence la réhabilitation de Jean Calas à l'unanimité le 9 mars 1765, ainsi qu'un mouvement de solidarité pour la famille sans précédent. Grâce à l'obstination de Voltaire, l'affaire Calas fut bénéfique à tous les Protestants mais elle contribua également à discréditer le système judiciaire et à prôner les idées de tolérance. Voltaire écrira : « C'est pourtant la philosophie toute seule qui a remporté cette victoire. Quand pourra-t-elle écraser toutes les têtes de l'hydre du fanatisme ? ». Ainsi, bien avant l'affaire Dreyfus et l'intervention d'Emile Zola dans « J'accuse », un écrivain avait pu changer le cours des choses et faire évoluer la société... Cet écrivain, c'était Voltaire...

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Saint Vivien

Saint Vivien faisait parti des soldats de la légion Fulminante (en 320 après JC). Du fait de sa chrétienté, on le condamna à mourir de froid, en l'attachant nu au beau milieu d'un étang gelé alors que l'on avait promis un bain chaud à ceux qui renonceraient à leur religion.


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