Le règne de Napoléon III marque la fin de la monarchie en France pour faire place à la République. Ce personnage est issu d'une union singulière puisqu'il est le fils du frère de Napoléon Ier, Louis, et de la fille de Joséphine, Hortense de Beauharnais. Son oncle était donc le grand Napoléon et sa grand-mère n'était autre que Joséphine, la femme de son oncle... Né le 20 avril 1808, son enfance est perturbée puisqu'après la défaite de Napoléon Ier, tous les membres du clan Bonaparte sont chassés de France. Le petit Louis-Napoléon grandit donc en Suisse avec sa mère, près du lac de Constance dès 1817. Il y reçoit une bonne éducation puis s'engage dans l'armée suisse en 1830 (il sera nationalisé suisse deux ans plus tard). L'esprit militaire l'habite (question d'hérédité sans doute). En France, après les courts règnes de Louis XVIII et de Charles X, tous deux frères de Louis XVI, est désormais installé au pouvoir Louis-Philippe 1er d'Orléans (règne de 1830 à 1848). Aimé au début de son règne, ce roi se montrera vite incapable d'assurer le bonheur de son peuple et s'enfuira, comme l'avait fait Louis XVI, incognito, pour l'Angleterre. Toujours est-il que Louis-Philippe exile Louis-Napoléon aux Etats-Unis après un coup d'état raté à Strasbourg en 1836. Hortense de Beauharnais décède en 1839 lui laissant une confortable fortune que Louis-Napoléon utilise pour sa
propagande. Il tente un autre coup d'état en 1840 qui est encore un échec mais cette fois, il est conduit en prison à Ham dans la Somme pour une peine à perpétuité. Durant sa réclusion, il écrit « De l'extinction du paupérisme » qui traduit sa pensée politique : gouverner avec les masses et non les castes. Il s'évade, s'installe à Londres et revient précipitamment quand la seconde Révolution Française éclate en 1848. Des élections ont lieu et Louis-Napoléon est élu en tant que député, siégeant à l'Assemblée dès septembre. La nouvelle constitution (la deuxième) prévoit des élections présidentielles (par un vote uniquement masculin). Il se présente et est élu pour 4 ans, Président de la République Française. En s'installant au Palais de l'Elysée le 20 décembre 1848, il fit de cette demeure, le lieu des Présidents qui lui succédèrent. En politique, la IIme République est un peu chaotique, les lois en sont conservatrices ce qui n'est pas du goût du Président. Il désire des réformes mais n'y parvient pas. C'est alors qu'il prend exemple sur son oncle célébrissime avec un troisième coup d'état en 1851 avec comme date emblématique le 2 décembre (Austerlitz et sacre de Napoléon 1er). Louis-Napoléon fait paraître un décret qui dissout l'assemblée et qui rétablit le suffrage universel. Il remporte les élections et en janvier 1852, établit une nouvelle constitution qui porte le mandat du Président à 10 ans. Cela ne lui suffit pas... Le peuple est plébiscité pour un nouvel Empire. C'est un « Oui » massif qui va couronner Napoléon III, le 2 décembre 1852, Empereur des Français (2 décembre... Encore cette drôle de date !). Il lui faut des héritiers désormais pour perpétuer les Bonaparte. Il épouse donc Eugénie de Montijo le 30 janvier 1853. Le couple aura un fils, Eugène, en 1856. Arrive la guerre de Crimée qui n'est pas vraiment un succès mais qui replace la France sur l'échiquier politique européen. En Algérie, il se déclare « Empereur des Français et des Arabes », faisant par là même une distinction entre les deux peuples. Napoléon III annexe Nice et la Savoie mais échoue au Mexique. Au plan intérieur, le Second Empire voit la création d'un système bancaire, les grandes villes se développent avec le baron Haussmann, ainsi que les chemins de fer. On lui doit l'édification du Palais Garnier, des égouts de Paris, des espaces verts comme les Buttes-Chaumont. D'autres villes suivent l'exemple de Paris comme Lyon, Biarritz ou Dieppe. Paris devient une vraie capitale européenne accueillant les expositions universelles (1855, 1867). Les filles ont accès à l'enseignement secondaire, l'histoire contemporaine est apprise dans les écoles... Il met ensuite en place une nouvelle constitution le 21 mai 1870 avec son fidèle ministre Ollivier. La guerre avec la Prusse menace à nouveau et c'est à contrecoeur que Napoléon III s'y résout. Le 2 septembre 1870, c'est la défaite de Sedan et la capitulation signée à Donchery. Napoléon III est fait prisonnier. L'empereur est déchu le 1er mars 1871 et s'exile en Angleterre. Il meurt le 9 janvier 1873. Son corps repose à l'Abbaye St Michael de Farnborough en Angleterre, près de sa femme Eugénie et d'Eugène, leur fils unique mort à l'âge de 23 ans. Outre ses penchants artistiques, Napoléon III a su aussi inspirer des réformes sociales d'envergure comme le droit de grève, les premiers syndicats, les soupes populaires, les systèmes de retraite et d'assurance, l'enseignement pour les filles... Mais aussi le dernier Empereur a su encourager Louis Pasteur et Ferdinand de Lesseps (le canal de Suez sera inauguré en 1869 en présence de l'Impératrice Eugénie). La fin de Napoléon III aura sonné le glas de la monarchie en France. Pourtant, il faut savoir que la « dynastie » des Bonaparte n'est pas éteinte puisque Charles Napoléon, un descendant de Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon Ier, brigue un mandat législatif lors des prochaines élections de 2007 en Seine et Marne dans la circonscription de Fontainebleau-Nemours (Jérôme Bonaparte était son arrière grand-père)... Il a préféré comme nom patronymique « Napoléon » en hommage à l'Empereur des Français (le vrai).
Contributions de Catherine
>>
Voir tous les articles classiques>>
Envoyer cet article à un ami>>
Ajouter cet article dans vos favoris