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22 mars 1944 : mort de Pierre Brossolette, le principal acteur oublié de la Résistance

Tout le monde connaît de nom Pierre Brossolette. Qui n'a pas une rue ou une école dans sa commune qui porte ce patronyme ? Grand responsable de la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale, on l'a pourtant un peu oublié en mettant en avant le rôle de Jean Moulin... Né à Paris le 25 juin 1903, Pierre Brossolette est le fils d'un Inspecteur de l'Enseignement Primaire, grand défenseur de l'enseignement laïque. Pierre Brossolette suit de brillantes études et est reçu premier au concours de l'Ecole Normale Supérieure puis second à l'agrégation d'histoire. Il se marie et sa femme, Gilberte Brossolette deviendra après la mort de son mari, la première femme sénatrice de France. En 1929, Pierre Brossolette adhère à la SFIO (section française de l'Internationale ouvrière) défendant d'abord les thèses pacifistes d'Aristide Briand. Mais, il prend vite conscience des dérives du nazisme et de l'approche inévitable de la guerre. Membre de la Ligue des droits de l'homme, de la Ligue internationale contre l'antisémitisme et franc-maçon, Pierre Brossolette est journaliste dans des journaux et à la radio mais il est
licencié quand il prend position contre les accords de Munich de 1838. Une fois la guerre commencée, il devient lieutenant dans l'armée puis capitaine avant la déroute française. Hostile au régime de Vichy et à Pétain, il va alors écrire dans le journal « Résistance » puis va participer à la formation de groupes résistants dans la zone occupée. Le gouvernement de Pétain va alors lui interdire d'enseigner. Avec son épouse, il va créer une librairie à Paris qui va servir de lieu de rencontres clandestines et de boîte aux lettres pour les membres de la résistance. En 1942, Pierre Brossolette rencontre De Gaulle à Londres en représentant la Résistance française des territoires occupés. Il va alors travailler pour le bureau central de renseignements et d'action en liaison avec les Britanniques. Parachuté à trois reprises en France, il va avec André Dewavrin et Forest Frederick Yeo-Thomas, réussir à unifier les différents mouvements de résistants dans la zone occupée tout en demeurant la voix des résistants à Londres. Brossolette va également se faire remarquer à la BBC. Très critique vis-à-vis de la IIIe République, il espère que de la libération naîtra une grande transformation sociale, ainsi qu'un seul parti autour du Général de Gaulle, ce qui sera un sujet de discorde avec Jean Moulin et les autres partis politiques dont la SFIO qui l'exclut du parti socialiste par la voix de Gaston Defferre. Cette exclusion ne pourra être effective puisque Pierre Brossolette sera arrêté le 3 février 1944 près de Douarnenez alors qu'il rentre à Londres en compagnie d'Emile Bollaert, le nouveau chef du CNR (Conseil national de la résistance). En effet, leur bateau fait naufrage sur la côte. Les deux hommes sont alors incarcérés à Rennes. Dévoilés on ne sait pas comment, les deux chefs de la résistance sont alors transférés le 19 mars au quartier général de la Gestapo à Paris. Pierre Brossolette est torturé pendant deux jours et demi et, profitant d'un moment d'inattention du gardien, saute par la fenêtre. Gravement blessé, il va succomber à ses blessures le soir même, soit le 22 mars 1944, sans jamais avoir parlé. Deux jours plus tard, Pierre Brossolette sera incinéré au cimetière du Père-Lachaise où ses cendres sont conservées. Immédiatement après la guerre, Pierre Brossolette fut considéré par beaucoup comme la principale figure de la Résistance, pour son action en zone occupée à Paris et pour sa notoriété. Pourtant, quelques années plus tard, les cendres de Jean Moulin furent transférées au Panthéon en 1964 et le rôle de Pierre Brossolette fut alors diminué en le reléguant à une place de héros du parti SFIO/Parti socialiste. Le mythe d'une Résistance unie sous un seul chef, Jean Moulin, fut ainsi renforcé d'autant plus que François Mitterrand va honorer la mémoire de Jean Moulin sans réhabiliter la mémoire et l'oeuvre de Pierre Brossolette. Tout le monde ne parlera plus que de Jean Moulin, Pierre Brossolette n'ayant plus droit qu'à un second rôle passé pratiquement sous silence, même au sein du parti qu'il avait contribué à créer... Pourtant, sa vision d'un grand parti issu de la Résistance autour de De Gaulle, après avoir fait la critique du système marxiste, sera reprise dans l'immédiate après-guerre, même si De Gaulle avait tranché en faveur de Jean Moulin lors de son opposition avec Pierre Brossolette... La mémoire est parfois injuste !

Contributions de Cathy
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Sainte Léa

Léa faisait partie des admiratrices de Saint Jérôme. Elle aimait écouter Saint Jérôme lui enseigner le christianisme à Rome. Lorsqu'elle fut veuve, elle choisit de devenir religieuse d'un monastère romain. Léa devint même la supérieure du monastère. Par la suite, Saint Jérôme lui écrivit une lettre pleine d'éloges à son égard.


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