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19 février 1988 : mort de René Char, le grand poète et résistant français

Le destin poétique de René Char est sans doute marqué par son nom et son lieu de naissance (L'Isle-sur-la-Sorgue le 14 juin 1907 dans le Vaucluse). En effet, son grand-père paternel était un enfant naturel et abandonné, appelé, on ne sait pourquoi « Charlemagne » (il fut rebaptisé « Magne »). René Char naît donc dans le Vaucluse, aux « Névrons », une vaste maison entourée d'un grand parc et baptisée selon le nom d'un ruisseau disparu. Son père, Emile Char, avait épousé en premières noces Julia Rouget qui décéda un an après leur mariage. Puis il épousa sa belle-soeur, Marie-Thérèse Rouget, qui donnera quatre enfants à son époux dont le petit dernier, René Emile Char. Son père, après avoir été Maire de la commune et administrateur des plâtrières de Vaucluse, décède en 1918 alors que le petit René
n'a que 10 ans. Les conditions de vie de la famille deviennent alors précaires ce qui n'empêche pas René Char de grandir (1,92 m) et de jouer au rugby. Force de la nature, il suit des études à Avignon puis à Marseille et se passionne pour la littérature (Plutarque, François Villon, Racine, Alfred de Vigny, Gérard de Nerval, Charles Baudelaire mais aussi les romantiques allemands). Après quelques petits boulots, René Char fait son service militaire alors qu'il a 20 ans à Nîmes. Passionné par l'écriture, il fait publier un premier recueil de poèmes en 1928 « Cloches sur le Coeur ». L'année suivante, il crée la revue « Méridiens » qui est un échec mais envoie des exemplaires d' « Arsenal » à Paul Eluard, qui, charmé par son écriture, vient le voir à l'Isle-sur-la-Sorgue. Eluard le pousse à venir à Paris et René Char y rencontre tous les grands noms de l'époque (Louis Aragon, André Breton, René Crevel) et il adhère au groupe surréaliste. En 1930, il est blessé lors d'une bagarre générale au bar « Maldoror » à Paris et il est touché à l'aine par un coup de couteau. René Char continue à lire notamment Rimbaud et Lautréamont et publie « Tombeau des secrets » ainsi que « Ralentir travaux », une édition collective de poèmes avec Breton et Eluard. Les quatre compères créent ensuite une revue : « Le Surréalisme au service de la Révolution ». Arrive la Seconde Guerre mondiale et l'occupation allemande. René Char prend alors une part active à la Résistance se faisant appeler « Capitaine Alexandre ». Commandant le Service Action Parachutage, il installe son QG à Céreste dans les Alpes de Haute-Provence. Il écrit parallèlement les « Feuillets d'Hypnos ». René Char rencontre Jean Vilar et tous deux vont fonder le premier Festival de théâtre d'Avignon en 1947 après la guerre. Tête brûlée et révolutionnaire, il va ensuite participer aux manifestations sur le plateau d'Albion contre les missiles nucléaires en 1960. Décédé le 19 février 1988 à Paris, René Char, figure de proue du surréalisme et de la résistance, laisse une grande oeuvre poétique publiée à la Pléiade. L'on peut également visiter la Maison René Char à L'Isle-sur-la-Sorgue et admirer sa collection de manuscrits, de dessins et peintures ainsi que d'objets d'art. On ne résiste pas à l'envie de vous citer quelques vers pris au hasard de ses pages : « La France a des réactions d'épave dérangée dans sa sieste. Pourvu que les caréniers et les charpentiers qui s'affairent dans le camp allié ne soient pas de nouveaux naufrageurs ! » - « Le poème est ascension furieuse ; la poésie, le jeu des berges arides » - « Si l'homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir ce qui vaut d'être regardé »...

Contributions de Cathy
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Saint Gabin

Saint Gabin était le frère du pape Caïus et père de Sainte Suzanne. Les avis divergent sur l'histoire de Gabin. Certains disent qu'il vécut longtemps en prison et qu'il y mourut sous l'empereur Dioclétien. D'autres pensent qu'il eut sa notoriété grâce au fait qu'il fut enterré dans la basilique de Sainte Suzanne à Rome.


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