Le Cardinal est mort... Vive le... Cardinal ! Armand Jean du Plessis de Richelieu est né le 9 septembre 1585 dans une famille noble du
Poitou. Son père, capitaine des gardes d'Henri IV, décède lors des guerres de religion, alors que le jeune Armand n'a que 5 ans. L'évêché de Luçon avait été confié à la
famille qui touchait ainsi quelques subsides. Richelieu suit des cours de philosophie à
Paris et entreprend une
formation militaire. Mais pour garder l'évêché, Richelieu se doit d'entreprendre une carrière religieuse. Il débute donc des études de théologie et finit par être nommé Evêque de Luçon en 1606 (il avait reçu une dispense d'âge de Rome). Le jeune prélat de 21 ans arrive à Luçon fin 1609. Il fait la
connaissance d'un moine capucin, le Père Joseph qui devient son ami et son confident et qui sera surnommé plus tard son « Eminence grise » (à cause de la couleur de son costume). Richelieu est ensuite élu député du clergé aux Etats généraux en 1614. Il y rencontre Marie de Médicis qui le nomme Grand Aumônier au service de la future reine, Anne d'Autriche, en 1615. Il peut ainsi siéger au Conseil du Roi en tant que secrétaire d'état aux affaires intérieures et à la guerre. Richelieu prend d'abord le parti de Marie de Médicis et de son conseiller Concini. Quand celui-ci est assassiné, la reine-mère est tenue en disgrâce et se retire à Blois emmenant avec elle ses courtisans, dont Richelieu, qui repart ensuite à Luçon. Bon diplomate, il réussit à réconcilier la mère et le fils et reçoit le titre de Cardinal le 5 septembre 1622 (intronisation le 12 décembre). Deux ans plus tard, il entre au Conseil du Roi. Au pouvoir, il s'emploie d'abord à soumettre les Protestants en leur enlevant La Rochelle, leur principal bastion, puis en signant la paix d'Alès et l'édit de Nîmes. Les Protestants n'ont désormais plus de privilèges ni de puissance. Richelieu s'attaque ensuite aux grands nobles en mettant en place une très importante centralisation afin d'assurer le pouvoir royal. Gaston d'Orléans, le frère de Louis XIII, est le premier à s'opposer à Richelieu : celui-ci échappe à plusieurs attentats. Le cardinal emploie la manière forte : il fait exécuter quelques nobles récalcitrants. Les Grands disparaissent du Conseil du roi et leur place est occupée par des officiers et des magistrats. Il interdit les duels et fait détruire quelque 2000 places fortes. En province, il fait contrôler les gouverneurs et les assemblées. La monarchie devient absolue. Richelieu obtient peu à peu la confiance du jeune Louis XIII qui se méfiait de lui auparavant. Au plan des affaires étrangères, sa principale cible est l'Autriche et sa puissance. Il assure d'abord les voies de communication de la France en Europe puis annexe les Etats du duc de Savoie. Lors de la guerre de Trente Ans, il soutient les princes allemands contre les Habsbourg. Amoureux des arts, Richelieu fonde l'Académie française. Il réforme la législation, remet de l'ordre dans les comptes, crée une marine, étend les colonies et les assure (Antilles, Saint-Domingue, Guyane, Sénégal, Québec, etc...). Pour récompenser ce ministre hors du commun, le roi lui accorde l'autorisation de construire un château, un véritable chef-d'oeuvre, dans un village qui prendra son nom : Richelieu en Indre-et-Loire, au sud de Chinon. Extrêmement impopulaire, la
mort du cardinal soulève des manifestations de joie chez le peuple. Pourtant, bien qu'il ait amassé une immense fortune pendant son « règne », il en léguera une partie au roi à qui il demandera que son successeur soit un autre cardinal... Mazarin allait prendre la relève. Rude tâche que de succéder au premier des « Premiers Ministres », considéré comme le fondateur de l'Etat moderne et qui avait inventé la notion de « Raison d'Etat »...
Contributions de Catherine
>>
Voir tous les articles classiques>>
Envoyer cet article à un ami>>
Ajouter cet article dans vos favoris