Grand admirateur de
Léon Tolstoï, ami de Richard Strauss, passionné de musique et d'art (
Michel-Ange,
Lulli,
Beethoven) et d'histoire, Romain Rolland était aussi un humaniste et un pacifiste, épris de justice sociale et fasciné par la nouvelle Union soviétique. Romain Rolland naît à Clamecy dans la
Nièvre le 29 janvier 1866 dans une
famille bourgeoise de notaires. Il est très vite attiré par la littérature et l'
écriture et il est reçu à l'Ecole normale supérieure en 1886. Intéressé par la philosophie, il renonce cependant à passer son agrégation pour ne pas obéir à une idéologie quelle qu'elle soit. Il se tourne alors vers l'histoire et est reçu à l'agrégation d'histoire trois ans plus tard. Il devient professeur d'histoire dans les lycées prestigieux Henri IV et
Louis-le-Grand. Il se rend
ensuite à Rome et durant deux ans, de 1889 à 1891, il est membre de l'Ecole française de
Rome où il rencontre Malwida von Meysenbug, une ancienne amie de Nietzche et de
Wagner. Il admire aussi les chefs d'oeuvre artistiques italiens. De retour à Paris, il obtient son
doctorat de lettres en 1895 avec une thèse portant sur l'histoire de l'
opéra en Europe. Il devient professeur d'histoire de la musique à la faculté des lettres de
Paris et professeur d'histoire de l'art à l'Ecole normale supérieure. Ayant commencé ses écrits, il quitte l'enseignement qui ne l'enchante guère en 1912 et publie notamment « Colas Breugnon » en 1919, un récit bourguignon mettant en scène ses ancêtres. Parallèlement, Romain Rolland entreprend une correspondance avec Sigmund
Freud (il le rencontre à
Vienne en 1924). Au début de la
Première Guerre mondiale, Romain Rolland est en
Suisse. Il s'engage alors dans
la Croix-Rouge tout en s'opposant dans des pamphlets à la guerre et en fustigeant les belligérants. Il fait ainsi publier des articles dans le Journal de
Genève comme « au-dessus de la mêlée » se plaçant au-dessus des considérations politiques de l'époque en prônant la paix ce qui est considéré en France comme une traîtrise. Pourtant, au fur et à mesure, ses articles sont traduits dans plusieurs langues et il récolte ainsi le
Prix Nobel de littérature en 1916 pour son premier roman « Jean-Christophe ». Il devient dès lors une figure emblématique du pacifisme international.
Lénine lui propose alors de venir en
Russie en pleine révolution mais Romain Rolland refuse, se plaçant toujours « au-dessus des partis ». En 1924, il publie un livre sur Gandhi qu'il rencontre en 1931. Son livre fera connaître
Gandhi dans toute l'
Europe. Il s'installe ensuite près du
lac Léman mais voyage beaucoup lors de manifestations artistiques. En 1935, il part pour
Moscou à l'invitation de Gorki pour rencontrer Staline afin de lui faire part des courants de pensée européens et fonde le mouvement pacifiste
Amsterdam-Pleyel en lutte contre la guerre et le fascisme, mouvement organisé par le Parti communiste français. Il s'établit par la suite en
France, à Vézelay dans le département de l'
Yonne et durant l'occupation, Romain Rolland reste étrangement silencieux et seul. Il y termine ses mémoires et écrit « Péguy » en 1944, synthèse de souvenirs personnels et de réflexions sur la vie, la religion et le socialisme. Il y décède le 30 décembre 1944 en laissant une oeuvre impressionnante empreinte de philosophie, d'idéalisme et de paix, pour partie consacrée à la
musique, son oeuvre principale étant « Jean-Christophe » écrit de 1904 à 1912, un cycle de dix volumes répartis en trois séries.
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