Toujours bon pied et surtout bon oeil ce fameux Cabu ! Le dessinateur de BD et le célèbre caricaturiste est né le 13 janvier 1938 à
Châlons-en-Champagne. Après des études artistiques à l'école Estienne de Paris, ses premières illustrations paraissent dans un quotidien régional, « l'Union de
Reims » en 1954 mais il est mobilisé lors de la guerre d'
Algérie. C'est dans le journal de l'armée « Le Bled » qu'il publie d'autres dessins dont « La Fille du colonel ». Il restera dans l'armée durant 27 mois et il gardera de cette période un fort anti-militarisme et une vision anarchiste de la société. Tout cela va bien sûr transparaître dans ses dessins notamment dans sa caricature de « l'adjudant Kronenbourg ». Durant cette période, Jean Cabut alias Cabu va aussi collaborer à Paris-Match puis une fois démobilisé, il va dessiner pour « l'Enragé », un journal très éphémère. Il va ensuite se faire vraiment connaître en entrant à « Hara-Kiri », un
magazine satyrique ne faisant pas dans la dentelle créé par Cavanna et Bernier, alias le Professeur Choron. Il se sent bien dans cette ambiance décalée, voire outrancière parfois et il rencontre d'autres dessinateurs de talent comme Gébé, Fred, Wolinski et Reiser. Parallèlement, Cabu travaille aussi pour « Pilote » pour qui il va créer son personnage préféré, « Le Grand Duduche », un jeune lycéen décalé, malhabile et très lymphatique, paresseux et irrévérencieux, vêtu de
jeans et de
baskets, le type même du potache d'avant 1968. Pour ce faire, il s'est inspiré de ses souvenirs d'étudiant. Il va aussi donner naissance au « Beauf », inspiré dit-on de Jacques Médecin, l'ancien
maire de
Nice, un personnage impulsif, anti-communiste convaincu, à la forte personnalité, contre l'avortement, condamné pour délit d'ingérence après avoir fui au
Paraguay... Bref, un triste sire soutenu par Charles Pasqua ! Ce « Beauf » désigne aujourd'hui une personne étroite d'esprit, vulgaire, peu cultivée, nourrie de préjugées et d'autosatisfaction. Cabu participe ensuite à « Hara-Kiri hebdo » mais celui-ci est interdit en 1970 suite à une parution titrant « Bal tragique à Colombey : 1 mort » après la mort du
Général de Gaulle, titre qui faisait aussi référence à l'incendie d'un dancing à Saint-Laurent-du-Pont. Quoi qu'il en soit, une semaine plus tard sera lancé « Charlie Hebdo » auquel va encore participer Cabu. Dans les années 70/80, le
dessinateur va publier de nombreux albums qui tous rencontreront un immense succès. Il va s'orienter vers la
caricature politique toujours pour « Charlie Hebdo » mais aussi pour « Le Canard enchaîné » (caricatures de
François Mitterrand, Roger Hanin,
Jacques Chirac). Cabu va aussi participer à l'émission télévisée « Récré A2 » puis pour FR3, Antenne2,
TF1 pour Michel Polac. Il a aussi collaboré à de nombreux journaux et magazines mais de manière plus épisodique et a illustré des livres et des pochettes de CD (Maxime Le Forestier). On lui a récemment rendu hommage dans une exposition à l'
hôtel de ville de Paris puis dans sa ville natale et il participe au journal municipal de
Paris avec une pleine page
BD. Cabu est aussi le père du
chanteur Mano Solo. Nul autre que Cabu ne sait mieux combattre la bêtise, les dérives et les travers de la société par le rire... Bon
anniversaire Monsieur Cabu !
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