Ce qui est devenu un prénom très connu était à l'origine le patronyme de cette grande auteure. Sidonie Gabrielle Colette naît le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye dans l'Yonne en Bourgogne. Adorée par ses parents Sidonie Langlois et le capitaine Colette, elle fait la connaissance très tôt de « Willy » (Henry Gauthier-Villars) avec lequel elle se marie à l'âge de 20 ans. Willy est un écrivain populaire de Paris qui emploie régulièrement des écrivains « nègres ». C'est ainsi que Colette rencontre les intellectuels parisiens. Willy se rend vite compte du talent de son épouse et l'engage à écrire ses souvenirs d'école. Nullement gêné, il signe les oeuvres de son
nom, ce sera la série des Claudine : « Claudine à l'école », « la maison de Claudine », « Claudine à Paris », « Claudine en ménage »... Willy collectionne les aventures et a même un fils qu'il reconnaît avec une certaine Marie-Louise Servat, une femme mariée. Colette, très jalouse, commence à se libérer de l'emprise de son mari, divorce et entreprend des spectacles de music-hall assez déshabillés à partir de 1906 jusqu'en 1912. Ce sont les années folles de la libération de la femme. Colette a quelques aventures homosexuelles sans s'en cacher, notamment avec Mathilde de Morny surnommée Missy qui est également sa partenaire de scène. Parallèlement, elle publie quelques ouvrages sous son propre nom cette fois comme « L'Ingénue libertine ». Son style juste mais un peu libertin dérange les hommes qui la critiquent ouvertement. Après une liaison avec Auguste-Olympe Hériot, Colette rencontre Henry de Jouvenel. Elle épouse le politicien et journaliste en 1912. Rédacteur en chef du journal « Le Matin », il la fait écrire quelques chroniques. Le couple a une fille, Colette Renée de Jouvenel. Assez délurée, Colette âgée de 40 ans entreprend l'éducation sentimentale et sexuelle de Bertrand de Jouvenel âgé de 17 ans qui n'est autre que le fils de son mari. Cela donnera « Le Blé en herbe ». Le couple divorce en 1923. Colette est également une musicienne accomplie et collabore avec Maurice Ravel. En 1945, c'est la consécration avec son élection à l'Académie Goncourt à l'unanimité. Elle en devient la Présidente quelques années plus tard et reçoit la Légion d'honneur en 1953. Elle s'installe dans son appartement du Palais-Royal ayant comme voisin Jean Cocteau. Remariée à Maurice Goudeket, son arthrose la fait de plus en plus souffrir et Colette s'éteint le 3 août 1954. L'Eglise lui refuse les obsèques religieuses eu égard à sa vie et à son oeuvre sulfureuses. Ce n'est pas le cas de la Nation qui lui accorde des funérailles nationales. Sa tombe au cimetière du Père-Lachaise est régulièrement fleurie par ses admirateurs.
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