À l'époque, nous sommes en plein conflit franco-autrichien. En effet, Napoléon III avait promis à Victor-Emmanuel II, roi de Piémont-Sardaigne, de l'aider à unifier l'Italie, en échange de quoi, la France recevrait la Savoie et Nice. Mais voilà, l'Autriche de François-Joseph 1er, est présente en Italie, notamment en Vénétie et en Lombardie. Pas question d'unification sans conflit. Entraîné malgré lui dans une guerre entre le Piémont et l'Autriche, Napoléon III déclenche les hostilités le 10 mai 1859. C'est la bataille de Magenta le 4 juin 1859 emportée difficilement par l'alliance franco-sarde. L'on dénombre 9 000 morts et des milliers de blessés qui agonisent sur le champ de bataille. Quelques jours plus tard, l'armée française menée par le général Mac-Mahon, pénètre dans
Milan et s'oppose à nouveau aux Autrichiens à Solferino en Lombardie le 24 juin 1859. Cette fois, l'on compte 40 000 morts ! Ces deux batailles, de vraies boucheries, touchent l'empereur français : il est vraiment temps d'arrêter ce conflit stupide ! Malgré son avantage, Napoléon
III signe l'armistice avec François-Joseph 1er le 11 juillet. Cette guerre de deux mois aura été des plus sanglantes mais Victor-Emmanuel a ce qu'il voulait : l'
Autriche remet la
Lombardie à Napoléon III qui la remet à Victor-Emmanuel. Pourtant, la
Vénétie et le centre de l'
Italie ne sont toujours pas rendus au royaume de Piémont-Sardaigne. Les Turinois se fâchent et Napoléon III, qui en a un peu assez, il faut le dire, des exigences de son allié qui finalement a utilisé la France pour régler son problème, laisse tomber Nice et la Savoie et se retire définitivement du conflit. Après tout, c'est leur problème ! Ils n'ont qu'à se débrouiller... Ce qui sera fait avec l'intervention de
Garibaldi qui rassemblera les provinces éparses qui voteront leur annexion au
Piémont. Finalement, cet accord international inespéré permet à la
France de récupérer
Nice et la Savoie. Solferino et la
guerre de Sécession aux
Etats-Unis inaugurent des guerres d'un nouveau genre (les bataillons ne sont plus en carrés comme sous les guerres napoléoniennes, les blessés sont abandonnés sur le terrain, les
morts se comptent par milliers...). C'est en visitant le champ de bataille de Solferino qu'un certain
banquier suisse, nommé Henry Dunant, âgé de 31 ans, s'indigne du fait que les blessés ne soient pas secourus et qu'on les laisse mourir dans d'atroces souffrances. Il tente, tant bien que mal, d'organiser des secours. Cette image le hante et de retour à Genève, il écrit un
livre qui fait l'effet d'une bombe en
Europe : « un souvenir de Solferino ». Il rencontre
Napoléon III, lui-même très touché par ces batailles sanglantes, et avec quatre amis suisses, il crée le 17 juillet 1863 le Comité International de la
Croix-Rouge, une
association neutre destinée à aider les victimes de guerre n'importe où dans le monde. Cela aboutira à la première Convention de
Genève le 22 août 1864. Bien qu'ayant oeuvré pour l'aide aux autres et pour la charité, Henry Dunant, prix Nobel de la Paix 1901, s'éteint le 30 octobre 1910 dans le dénuement...
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