Egérie de Voltaire, Emilie de Breteuil puis du Châtelet, n'était pas qu'une jolie femme cultivée du siècle des lumières comme on en voyait dans les salons littéraires. S'intéressant à tout, elle fut la première femme au monde à s'intéresser aux sciences, domaine exclusivement masculin jusqu'alors... Née le 17 décembre 1706 à Paris, Emilie de Breteuil faisait partie de la riche noblesse puisque son père était le baron de Breteuil. Cet homme intelligent allait lui donner la même éducation qu'à ses fils et c'est ainsi qu'Emilie s'instruisit sur tous les sujets. Qualifiée de surdouée, elle s'intéressa à tout : aux langues étrangères, à
la musique, au théâtre, à la littérature, à l'
équitation mais
aussi à toutes les disciplines scientifiques. Étrange fille que cette Emilie si brillante ! Elle épousa comme il se devait à l'époque un noble, le marquis du Châtelet alors qu'elle avait 18 ans. Ce militaire lui donna trois enfants et bien vite le couple mena des vies séparées. Aimant tous les plaisirs, elle s'adonna aux jeux mais aussi collectionna les amants comme Maupertuis, le mathématicien. À la mort d'
Isaac Newton, elle entreprit de traduire ses oeuvres à partir de 1727. Elle rencontra ensuite Voltaire, admiratif comme elle de Newton et il devint son amant en 1733. Mais le bouillant Voltaire dut quitter
Paris suite à la publication de ses « Lettres philosophiques » très mal perçues par
Louis XV, et il s'installa en Lorraine, dans le château de Cirey appartenant... au mari d'Emilie. Elle vint le rejoindre en 1735 et ce couple extraordinaire vécut ensemble durant près de dix ans, partageant les mêmes goûts, les mêmes lectures et les mêmes études consacrées le plus souvent aux sciences et à la philosophie. Passionnée par les matières scientifiques, Emilie du Châtelet se fera remarquer lors de discussions masculines entre les adeptes de Newton et ceux de Leibniz. La célèbre marquise rencontra ensuite en 1718, le beau chevalier de Saint-Lambert à
Lunéville chez le Duc de
Lorraine. Follement
amoureuse, elle tomba enceinte et se hâta de terminer sa traduction des oeuvres de Newton (Les Principia). Elle mit au monde un petite fille et décéda de complications suite à son
accouchement le 9 septembre 1749.
Voltaire fut très malheureux de sa disparition et s'exila à Potsdam, invité par le roi de Prusse Frédéric II. Pourtant, c'est lui qui fit publier le manuscrit d'Emilie du Châtelet, « Les Principes » demeurant un ouvrage reconnu par tous les scientifiques jusqu'à la fin du XIXe siècle. C'est à ce titre qu'Emilie du Châtelet est considérée comme la première femme savante du royaume de
France.
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