Né le 20 février 1888 à
Paris, Georges Bernanos est élevé dans une famille modeste, catholique et monarchiste. La
famille part pour Fressin, un petit village du
Pas-de-Calais en Artois qui va le marquer profondément et être le décor de la plupart de ses romans. Catholique et nationaliste, Georges Bernanos suit des études de lettres tout en militant à l'Action française. Réformé lors de la
Première Guerre mondiale, il y participe quand même en étant volontaire dans la cavalerie et il est de nombreuses fois blessé. Après la guerre, il se rapproche à nouveau de l'Action française en 1926 mais sa collaboration six ans plus tard au « Figaro » va entraîner sa rupture avec Charles Maurras. Lors de cette année 1926, Bernanos va publier « Sous le soleil de Satan » et son succès le pousse à une carrière littéraire. Marié à une descendante d'un frère de
Jeanne d'Arc à la santé fragile, père de six enfants, Bernanos va avoir de nombreuses
difficultés matérielles. Cependant, en dix ans, il va écrire l'essentiel de son oeuvre orientée sur la foi et sur ses hantises comme les péchés de l'humanité, la puissance du diable et le secours de la grâce. Paraît ainsi en 1936, « Le Journal d'un curé de campagne » qui va recevoir le Grand prix du roman de l'Académie française. Installé aux
Baléares au début de la guerre d'Espagne il va se positionner d'abord pour puis contre
Franco, rompant cette fois définitivement avec ses anciens amis de l'Action Française. Dans « Les Grands Cimetières sous la Lune », il va critiquer ouvertement les exactions des phalangistes et le soutien de Maurras envers les Nationalistes Espagnols. Bernanos quitte finalement l'
Espagne en 1937, revient en France mais choisit de s'exiler en
Amérique du Sud un an plus tard car il se montre choqué par les accords de
Munich et par la reculade de la France et de la
Grande-Bretagne lors de la montée du nazisme. Il s'installe donc à
Rio de Janeiro au
Brésil puis en 1940 à Barbacena sur le flanc de la colline « La Croix-des-Âmes » et publie de nombreux essais. Pourtant, parallèlement, il édite de nombreux articles où il fait preuve d'un grand talent de pamphlétaire en étant l'un des premiers inspirateurs de la Résistance. D'ailleurs son fils Yves rejoint
Londres et le
Général de Gaulle en 1941 tandis que son plus jeune fils doit attendre l'année suivante, jugé trop jeune par le Comité de la France Libre de Rio. Après la libération, De Gaulle demande à Bernanos de revenir en France pour le nommer au gouvernement ou à l'
Académie française mais Bernanos, s'il revient effectivement, se montre têtu et reste en marge de la politique. Il s'installe d'ailleurs en
Tunisie. Il écrit ensuite un scénario inspiré d'un roman de Gertrud von Le Fort qui sera adapté au
théâtre sous le nom de « Les Dialogues des Carmélites » et à l'opéra par Francis Poulenc ainsi qu'à la
télévision (l'histoire vraie de carmélites guillotinées place de la Nation en 1794 pour avoir refusé de renoncer à leurs voeux). Trois ans après son retour en France, Georges Bernanos décède le 5 juillet 1948 à
Neuilly-sur-Seine. Il est enterré au cimetière de Pellevoisin dans l'
Indre. L'un des premiers inspirateurs de la Résistance va laisser un dernier livre paru de manière posthume « La
France contre les robots ». On ne peut s'empêcher de vous donner ici quelques-unes de ses citations : « On n'attend pas l'avenir comme on attend un train : on le fait. » - « Etre d'avant-garde, c'est savoir ce qui est mort ; être d'arrière-garde, c'est l'aimer encore. » - « Souffrir, croyez-moi, cela s'apprend » - « C'est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale ; quand la jeunesse refroidit, le monde claque des dents. ».
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