Il y a deux siècles naissait Honoré Daumier à
Marseille, le premier caricaturiste dont descendent finalement tous nos illustrateurs satiriques d'aujourd'hui. Très tôt doué pour le dessin, Daumier réalise ses premières lithographies à l'âge de 20 ans pour un nouveau journal parisien, « La Silhouette », signé dès sa première parution par Honoré de Balzac et Henri Monnier et qui fut le premier journal à associer texte et
dessin (il deviendra très polémique plus tard). Deux ans plus tard, il dessine pour « La Caricature », un hebdomadaire satirique toujours signé par Balzac entre autres. 1832 sera une année charnière car Honoré Daumier va
entreprendre une longue collaboration avec « Le Charivari », journal fondé par Charles Philipon, très influent politiquement, notamment contre le pouvoir et Louis-Philippe. Daumier, grâce à ses traits incisifs et à son impudence, se fait très vite connaître du grand-public et devient très célèbre et populaire. Mais il ne fait pas bon être caricaturiste à l'époque puisque Daumier est condamné à six mois d'emprisonnement en 1832 pour avoir représenté
Louis-Philippe en « Gargantua », sans doute le plus célèbre de ses dessins. Une loi sur la censure va être adoptée en 1835 ce qui poussera Daumier à se détourner de la satire politique. Il va alors préférer croquer les personnes dans leur vie de tous les jours ou dans leurs professions. C'est ce que l'on appelle « la caricature de moeurs ». Il va alors se moquer des bourgeois, des juristes, des
médecins, entre autres, mais également se montrer le témoin d'événements tragiques ou importants et représenter la pauvreté des petites gens de son époque. Toujours ami d'Honoré de
Balzac, il va participer à l'illustration des romans de « la Comédie Humaine » à partir de 1845 (« Le Père Goriot », « La Cousine Bette »). Vingt ans plus tard, Daumier va connaître de graves difficultés et son ami Dechaume, un
sculpteur, va l'inviter à résider à Valmondois, dans le Val-d'Oise grâce à son copain Corot qui va lui prêter une maison. C'est là qu'il va s'éteindre le 10 février 1879. Son corps va être transféré un an plus tard au
cimetière du Père-Lachaise aux côtés de ses amis Corot et Daubigny. Daumier nous a laissé un nombre impressionnant d'oeuvres (1 000 gravures sur bois et 4 000
lithographies). À l'occasion de son bicentenaire, une exposition et un dossier complet vont voir le jour à la
Bibliothèque Nationale de France pour célébrer le premier
caricaturiste satirique français.
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