Qui n'a pas entendu parlé du Maccarthisme ? De quoi s'agit-il au juste ? Ce mouvement, férocement anticommuniste, fut initié aux Etats-Unis par Joseph Raymond McCarthy. Pendant 10 ans, ce sénateur du Wisconsin de 1947 à 1957, s'est acharné contre le gouvernement des
Etats-Unis et ceux qu'il soupçonnait d'être des sympathisants communistes. Les années les plus féroces se situent entre 1950 et 1956 : on appellera cette période « Terreur Rouge » (Red Scare) ou encore « chasse aux sorcières », tout à chacun pouvant être suspecté d'espionnage à la solde des Soviétiques. Mais parlons un peu du personnage... McCarthy est né le 14 novembre 1908 dans le
Wisconsin dans une
famille d'origine allemande et irlandaise. Il entreprend des études d'
ingénieur et de
droit : il est
avocat en 1935 et devient juge en 1939. Il s'enrôle pendant la
seconde guerre mondiale dans les
Marines, il est ensuite officier de renseignements et reporter
photographe. D'abord démocrate, il change de camp en 1944 quand il se présente aux Sénatoriales sous l'étiquette républicaine. Il est battu mais se représente en 1946 date à laquelle il gagne cette fois. Sa carrière de sénateur commence sous de bizarres auspices puisqu'il prend la défense d'un groupe de
nazis condamnés à mort qui obtinrent la réclusion à perpétuité grâce à lui. Aimant briller et excellent orateur, McCarthy se fait connaître par de nombreux discours, notamment sur des lois immobilières. Il commence, alors que sa popularité devenait nationale, à critiquer les communistes dès 1950 en exhibant une liste de 205 Communistes ou sympathisants communistes qui étaient, soit-disant, en fonction au Ministère des Affaires étrangères. En fait, la liste comprenait 57 Communistes notoires. Avec cette liste, McCarthy réussit à affoler les Américains, d'autant plus la
Chine était tombée dans les mains de Mao et que les Soviétiques développaient leur armement nucléaire. Les médias et les réactions populaires l'incitent à poursuivre dans ces révélations pour le moins surprenantes puisque McCarthy change le nombre de cette liste à sa convenance (une fois 57, une fois 81...). Il va même jusqu'à détailler chaque cas. Une enquête est cependant menée par le Sénat qui prouve que ces révélations étaient sans fondements. Pourtant, le
FBI va arrêter Julius
Rosenberg pour espionnage nucléaire au profit des Soviétiques (fuites du Projet Manhattan). McCarthy continue sa compagne de dénigrement, n'hésitant pas à utiliser tous les moyens pour arriver à ses fins politiques (notamment un trucage de photos). Entre 1950 et 1953, il poursuit ses allégations contre le gouvernement. Il fait cependant l'objet d'une enquête sénatoriale pour irrégularités dans ses finances. Le Parti Républicain le nomme Président du « Sous-comité sénatorial d'enquête permanent » en 1952. Cependant, il n'est guère apprécié du Président du parti républicain, Eisenhower et lorsque McCarthy s'en prend au Général Marshall, ce dernier est défendu par Eisenhower bien que ce dernier soit obligé de retirer son discours de soutien au Général. McCarthy continue d'attaquer les institutions et les prétendues influences communistes au sein du gouvernement. Il ne se fait pas ainsi que des amis. Ainsi,
Eisenhower et Robert Kennedy commencent à s'élever contre lui. Fin 1953, McCarthy s'en prend à l'armée en cherchant à démasquer des espions, notamment un dénommé Peress sur lequel il s'acharne en demandant même sa comparution devant la cour martiale. Tout commence à basculer pour McCarthy, les médias ne le suivant plus ni les sénateurs républicains. De plus en plus mégalomane, il s'en prend au Parti Démocrate l'accusant de « vingt ans de trahison », idem pour
Roosevelt et
Harry Truman. McCarthy commence à perdre de la popularité. Il est finalement censuré par le Sénat par 67 voix contre 22. C'est ainsi qu'il est mis à l'écart de la vie politique définitivement. Il meurt le 2 mai 1957, laissant de lui l'image d'un mégalomane à moitié paranoïaque et obscurantiste, utilisant toutes les pratiques pour vaincre ses « adversaires ».
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