Vous connaissez sans doute « Guerre et Paix » ou « Anna Karénine » ? L'auteur de ces magnifiques romans est Lev Nikolaïévitch Tolstoï né le 28 août 1828 à Iasnaïa Poliana, un grand domaine en Russie, dont il va hériter plus tard. Comme souvent chez les
écrivains, ses premières oeuvres sont autobiographiques et retracent ses souvenirs d'enfance et d'adolescence. Elevé dans un milieu de riches propriétaires, Tolstoï comprend rapidement les problèmes des classes sociales puisque ses petits camarades sont eux, fils de paysans. Leur vie est bien plus rude que la sienne et Tolstoï y est sensible. Frappé par la mort de son père, il devient mâture très tôt, pense que la vie est absurde et se rend compte que les relations sociales sont empreintes d'hypocrisie. Ainsi, sa seule échappatoire sera son refuge dans l'aspect divin de l'existence. Il rejette ainsi non seulement l'Etat et son fonctionnement hiérarchique mais aussi l'Eglise orthodoxe et son dogme.
D'aucuns verront en Léon Tolstoï un nihiliste, d'autre un anti-clérical anarchiste. En effet, le nihilisme débuta en
Russie par une critique sociale puis devint un courant politique et révolutionnaire. En effet, Tolstoï ne se gênait pas pour critiquer l'Etat, se préoccupant du sort de ses malheureux compatriotes. Comme tout
anarchiste, il refusait l'ordre établi ainsi qu'une certaine vision de l'art pour l'art que l'on retrouve encore aujourd'hui chez certains critiques d'art ou galeristes. Ainsi, pour lui, l'art devait être un moyen de
communication entre les humains mais non une recherche individuelle purement esthétique, parfois incompréhensible pour le plus grand nombre. Lors de la
Guerre de Crimée, Tolstoï est mobilisé. Il est très marqué par la guerre en général et celle-ci fut particulièrement sanglante. Ainsi, il écrira « Récits de Sébastopol » et surtout « Guerre et Paix », son chef-d'oeuvre. À partir de 1870, Tolstoï se replie sur lui-même débutant une sorte de quête spirituelle et se convertit au Christianisme neuf ans plus tard. En effet, il ne se prive pas de critiquer l'église orthodoxe russe (il sera d'ailleurs excommunié) mais sa foi l'entraîne désormais vers le non-matérialisme et la non-violence. D'ailleurs, sa doctrine évoquée notamment dans « Ma Confession » et « Ma religion » va faire des émules avec notamment Gandhi qui s'inspirera des oeuvres de Tolstoï ainsi que plus tard
Martin Luther King ou
Nelson Mandela.
Gandhi va même traduire l'oeuvre de Tolstoï « Lettre à un Hindou » et les deux hommes resteront en rapport par la suite jusqu'à la
mort de Tolstoï. Parallèlement, Tolstoï était devenu
végétarien considérant que la consommation d'animaux était immorale. Vers 1888, Tolstoï rejette ses premiers ouvrages les considérant comme trop sentimentaux et il décide de se débarrasser de ses divers biens matériels hérités (n'oublions pas qu'il était Comte). De plus en plus détaché du matériel, Tolstoï vagabonde de ville en ville et finit par attraper une
pneumonie. Il en meurt, seul, dans une gare à Astapovo le 7 novembre 1910, loin de sa
famille qu'il refuse de voir et même de son épouse avec qui il avait pourtant eu 13 enfants ! Il laisse une oeuvre grandiose, empreinte d'humanité, dont, comme on l'a dit, de grands hommes s'inspireront dans leurs actions.
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