Le grand diplomate autrichien qu'était Metternich a passé sa vie à lutter contre
Napoléon Ier et à rétablir la gloire de son pays et... il y parvint pendant quelques temps. Né le 15 mai 1773 à Coblence en Allemagne, Klemens Wenzel Nepomuk Lothar von Metternich était issu d'une
famille noble de Rhénanie. Il suivit des études fort brillantes en droit à l'université de
Strasbourg. Il y rencontra de grandes personnalités comme Benjamin Constant, un homme politique opposé à Bonaparte mais aussi certains membres de la noblesse russe. Le comte de Metternich épousa ensuite à Vienne, la petite fille du chancelier Wenzel von Kaunitz, homme politique important des
Pays-Bas Autrichiens. Nommé ambassadeur à
Berlin en 1803, il rejoignit
Saint Pétersbourg trois ans plus tard avant d'être nommé ambassadeur à
Paris de 1806 à 1809 à la demande de Napoléon. Durant cette période, il se rapprocha de la cour napoléonienne en devenant l'amant de Caroline
Bonaparte et en sympathisant avec
Talleyrand. Durant son mandat, il préféra au début, opter pour une alliance avec la France mais très vite, il s'aperçut que le pouvoir de l'Empereur des Français commençait à défaillir. Finalement, l'Autriche déclara la guerre à la France mais fut battue à Wagram en 1809. Rentré en Autriche, Metternich fut alors nommé ministre des affaires étrangères puis chancelier et se vit obligé de signer une paix très humiliante pour les Autrichiens. Très habile, il fit semblant d'être pro-français au point même d'organiser le
mariage de Napoléon avec Marie-Louise d'Autriche en 1810. Les hostilités débutèrent entre la France et l'Allemagne en 1813. Metternich joua alors un rôle de médiateur face à un Napoléon irréductible et sans concessions. Il lui lancera, méprisant : « Vous êtes perdu, Sire ! Je m'en doutais en venant ici, maintenant je le sais ! ». L'entrée en guerre de l'Autriche était alors inéluctable avec la fin de l'Empereur des Français. D'abord favorable à la montée sur le trône de France de l'Aiglon ou Roi de
Rome avec la régence de Marie-Louise, Metternich fit ensuite volte face et encouragea le retour des Bourbons. Par la suite, ses relations avec la
Russie furent houleuses notamment en ce qui concernait le statut de la Pologne. Acteur majeur du Traité de Vienne après la chute de Napoléon, il tenta pourtant de calmer les esprits revanchards par rapport à la France et essaya de rétablir l'influence de l'Autriche sur l'Italie. Metternich fut également un membre important de la Sainte-Alliance, formée en 1815 par les monarchies européennes victorieuses pour éviter les futurs conflits et révolutions. La prospérité reviendra alors en Europe. En Autriche même, il fut ensuite un ardent défenseur de l'absolutisme et imposa l'ordre jusqu'en 1848. À cette époque éclatèrent des mouvements révolutionnaires un peu partout en
Europe : en France, en
Italie, en
Allemagne, en Autriche... Metternich dut alors démissionner et fuir son pays pour la
Hollande. Une fois les événements calmés mais hors de la vie politique désormais, ce grand chef d'état finira sa vie à
Vienne en
Autriche le 11 juin 1859. Peu avant sa mort, les Alliés se divisèrent à nouveau avec la politique russe en
Pologne et l'avènement de
Napoléon III sur le trône de
France après avoir été
Président de la République. Les passions nationalistes se déchaînèrent enterrant définitivement la Sainte-Alliance et annonçant le déclin de l'empire des Habsbourg. Metternich aura cependant su maintenir un équilibre pacifique pendant quelques dizaines d'années entre les puissances européennes.
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