Vous vous souvenez peut-être de l'excellent film de
Claude Chabrol avec Isabelle Huppert dans le rôle de Violette Nozière. Cette jeune fille avait défrayé la chronique dans les années folles provoquant une multitude de réactions chez les Français. Violette Nozière naît le 11 janvier 1915 à Neuvy-sur-Loire dans la
Nièvre. Alors qu'elle a 18 ans, son père, mécanicien dans les chemins de fer, est retrouvé mort et sa mère inanimée dans leur petit
appartement. Cette dernière peut être réanimée. Très vite, les soupçons se portent sur Violette et le 28 août 1933, la jeune fille est arrêtée par la police. Elle est en effet accusée d'avoir empoisonné ses parents avec un
somnifère le 21 août puis d'avoir ouvert le gaz pour faire croire à un suicide. Elle passe alors aux aveux en prétendant que son père, lui seul, était visé, car il aurait eu des pratiques incestueuses envers elle depuis l'âge de 12 ans. Cette histoire sordide provoque un choc énorme dans la population. En effet, Violette Nozière a une vie quelque peu scandaleuse. Volontiers libertine, voire provocante, mais aussi voleuse et mythomane, le portrait que l'on trace d'elle n'est guère flatteur d'autant plus qu'elle ne se pose pas en victime pour attirer la sympathie des jurés et des Français. Certains refusent donc de croire les allégations de Violette qui prétend avoir voulu également tuer sa mère qui ne voulait ni voir, ni entendre ce qui se passait dans la chambre. Violette a aussi une liaison avec Jean Dabin, un sire plus que douteux. Les Français et les jurés deviennent peu à peu persuadés de la culpabilité de Violette Nozière sans aucune circonstance atténuante. Pour eux, le but du crime était de s'emparer des 175 000 Francs économisés par ses parents (il faut dire qu'elle les avait déjà volés afin d'entretenir Jean Dabin). Cette thèse est retenue malgré le coup de théâtre de la mère qui en plein tribunal, pardonne à sa fille et implore la clémence des jurés. Le résultat malgré cette intervention est sévère car Violette Nozière est condamnée à la peine capitale (qui ne peut pourtant être exécutée, la peine de mort n'existant plus pour les femmes). Violette est donc condamnée à la prison à perpétuité le 25 décembre 1934. Pourtant, le mouvement des surréalistes avaient pris sa défense en signant un ouvrage collectif « Violette Nozière » en 1933. Les signataires en furent : André Breton, René Char, Paul Eluard, Maurice Henri, Mesens, Benjamin Péret, Salvador
Dali, Yves Tanguy, Max Ernst, Victor Brauner, René Magritte, Hans Arp et Alberto Giacometti. La peine Violette Nozière est ensuite réduite à 12 ans de travaux forcés en 1942 par Pétain et elle sort finalement de prison plus tôt, le 29 août 1945. Cette même année, le
général de Gaulle lève son interdiction de séjour sur le territoire. Violette se marie avec le greffier de la maison d'arrêt de
Rennes, se réconcilie avec sa mère et aura cinq enfants. Elle est ensuite réhabilitée par la cour de
Rouen en 1963. Trois ans plus tard, elle meurt enfin en paix le 18 novembre 1966. Son histoire a mis en lumière, dans une
France réactionnaire, les pratiques incestueuses et l'immense désespoir qu'il peut engendrer chez les victimes.
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