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25 mai 1720 : la peste débarque à Marseille

Le Grand Saint Antoine, un bateau venant de Syrie, chargé de tissus précieux, accosta à Marseille le 25 mai 1720. À son bord s'était caché un passager clandestin porteur du bacille de la peste. En cours de voyage, une dizaine de personnes décédèrent. Pour ne pas perdre la cargaison lors d'une quarantaine stricte durant laquelle le navire devait être au loin avec sa marchandise, l'équipage fut placé en quarantaine douce dans un dispensaire, le lazaret, par les échevins de la ville. À cette époque, la corruption était de mise à Marseille et les marchandises de contrebande appelées « pacotille » purent passer les murs du lazaret pour être vendues à bas prix à certains habitants. Les puces de rats qui véhiculaient le bacille purent ainsi franchir les portes, bien cachées dans les étoffes. De même, les marins donnèrent leur linge à laver à une lavandière, Marie Dunplan, une femme de 58 ans qui mourut en quelques jours le 20 juin 1720. Elle présentait pourtant du charbon sur les lèvres, signe évident de la peste. Les médecins ne firent cependant pas le rapprochement avec la Peste noire médiévale (pandémie de peste bubonique qui eut lieu dans les années 1350). Dans le même quartier, un tailleur décéda le 28 juin et sa femme deux jours plus tard. C'est alors que deux
médecins, en se rendant au chevet d'un enfant le 9 juillet, réalisèrent avec effroi que le diagnostic était bien celui de la peste. Ils avertirent immédiatement les autorités mais les victimes contaminées étaient de plus en plus nombreuses. Le mois suivant, les morts se comptaient par centaines par jour puis par milliers. Les corps s'entassaient dans les rues qui pullulaient de rats. Marseille fut complètement bouclée début septembre mais il était trop tard : la peste s'était répandue aux alentours, notamment dans le Languedoc et en Provence dans la région d'Apt. Un « mur de la peste » fut construit dans les Monts de Vaucluse pour protéger le Venaissin et Avignon mais en vain. S'étirant sur 27 kilomètres, ce mur fut bâti en pierres sèches avec des guérites dans lesquelles étaient postées des gardes (on trouve encore quelques traces de ce mur près de Lagnes ainsi que dans la petite ville de Murs). Face à cette gigantesque épidémie, l'évêque de Marseille et certaines personnalités comme le Chevalier Roze, le peintre Michel Serre, des médecins, firent preuve d'humanité en allant au chevet des mourants et en distribuant des aumônes. On libéra des bagnards pour incinérer les cadavres qui pourrissaient par milliers dans les rues. Les 200 forçats mourront quelques jours plus tard... À Marseille, la pandémie fit des ravages : on compta 40 000 morts fin octobre 1720, soit le tiers de la population marseillaise. Une rechute deux ans plus tard sévit dans la ville mais le bilan fut léger comparativement à la catastrophe de 1720. On compta 260 victimes. L'épidémie se répandit en Provence et dans le Gévaudan jusqu'en 1722 causant près de 100 000 victimes. Pour commémorer cette tragique période, une statue à l'effigie de l'évêque de Belsunce a été édifiée sur le cours Belsunce pour être placée aujourd'hui sur le parvis de la Cathédrale de la Major. Anecdote : jusqu'en 1940, les Marseillais pour dire « merde », disaient « moustier » en référence à un échevin de la ville qui avait, par appât du gain et par négligence, laissé s'étendre la peste à Marseille. Il existe trois formes de peste : la peste bubonique qui peut être traitée, la peste septicémique (une complication de la peste bubonique) et la plus grave, la peste pneumonique qui est encore mortelle dans certains cas en se transformant en oedème pulmonaire. Aujourd'hui, si on peut lutter contre la peste avec des antibiotiques, certaines zones du monde en sont toujours atteintes, principalement en Afrique (Madagascar, Mozambique, Tanzanie, République démocratique du Congo) mais aussi en Inde : ces deux zones regroupent 99 % des cas. Pourtant dans certaines régions des Etats-Unis et d'Amérique du Sud et dans des cas très rares, le bacille se propage encore, étant transmis par des rats mais aussi par d'autres rongeurs comme les lapins ou des écureuils.

Contributions de Catherine
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Sainte Sophie

Sainte Madeleine-Sophie Barat avait un père vigneron en Bourgogne. Elle reçut son éducation chrétienne grâce à son frère qui était prêtre. Néanmoins, son frère était très stricte et empêcher Sophie de s'épanouir. Il lui interdisait d'extérioriser ses sentiments. Sophie partit donc à 20 ans sur Paris où elle rencontra le prêtre jésuite Varin. Celui-ci devint son père spirituel. Ensemble, ils fondirent l'Institut des Soeurs du Sacré-Coeur qui se développa partout en France.



 

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