Bien sûr, on ne l'appelait pas encore planning familial. Il s'agissait plutôt de la première clinique de contraception ouverte en ce 16 octobre 1916, soit il y a 90 ans, à Brooklyn New York. Le but ? Contrôler les
naissances à l'initiative de trois femmes Fania Mindell, Ethel Byrne et Margaret Sanger. Cette dernière est une jeune
infirmière de New York. Elle assiste, impuissante, au décès d'une jeune femme, mère déjà de trois enfants, qui, désespérée, avait tenté d'avorter seule. Ce n'était pas la première fois qu'elle assistait à ce triste spectacle. Margaret décide de se battre pour les femmes et contre les avortements clandestins qui avaient lieu dans des conditions sordides à la vue de tous. Dès 1914, elle avait lancé une revue « Women rebel » avec un sous-titre évocateur « Ni dieux ni maîtres ». Déjà, le mouvement des « suffragettes » était en marche pour selon ses paroles « rendre
aux femmes la maîtrise de leur vie et de leur corps ». Elle se débrouille pour ouvrir cette première clinique : un lieu dans lequel on explique aux femmes qu'elles peuvent refuser d'avoir des enfants si cela n'est pas leur souhait. Un lieu qui abrite aussi les femmes enceintes et désespérées de l'être, et qui pourraient avorter dans des conditions d'hygiène et d'accompagnement qui ne mettront plus en danger leur vie. Mais la société et les mentalités n'évoluent guère à l'époque : une femme est faite pour procréer et avoir des enfants... Et cela, depuis la nuit des temps... Depuis que la race humanoïde est née. La clinique est fermée face à la révolte de la société « bien-pensante ». Margaret Sanger est accusée d'outrage aux moeurs et elle est condamnée à une peine de prison : 20 jours pendant lesquels elle sera incarcérée. Elle en a assez de New York et s'installe à
Londres où.. Elle ouvre une autre clinique en 1921. Mais, vraiment, le combat doit être mené à
New York et bravant les interdits et malgré tout, elle fonde en 1923, le premier centre de planning familial. Elle est là : elle soutient, elle conseille, elle informe, elle importe le diaphragme d'Angleterre, prescrit toutes sortes de spermicides, encourage l'utilisation du préservatif. Margaret Sanger prend aussi contact avec des médecins et des scientifiques pour attirer leur attention sur la contraception féminine. Un seul répondra présent. Avec le soutien financier de Katherine McCormick, une riche veuve, militante féministe, le Dr Gregory Pincus ouvre enfin un centre de recherche en
biologie en 1951 pour travailler sur les hormones sexuelles. Il sera l'
inventeur de la pilule en 1956, soit 40 ans après la première intervention de Margaret pour attirer l'attention. Cette première pilule portera le nom d'Enovid, un
médicament qui bloque l'
ovulation. Dès sa découverte, avant même que les essais soient effectués, l'
Allemagne Fédérale accepte de commercialiser la pilule en 1956... Cela prendra 11 ans pour la
France qui n'autorisera la pilule qu'en 1967. Pendant ce temps, les françaises risquaient toujours la prison pour
avortement illégal (loi de 1920) mais aussi la
mort lors d'avortements dramatiques. Plus personne n'ose nier aujourd'hui l'impact qu'a eu le rôle de Margaret Sanger sur le monde, la contraception étant une révolution irréversible dans la vie des humains depuis qu'ils ont vu le jour il y a plusieurs millions d'années.
Contributions de Catherine
>>
Voir tous les articles classiques>>
Envoyer cet article à un ami>>
Ajouter cet article dans vos favoris