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23 mars 1973 : première condamnation dans l’affaire du scandale du Watergate aux Etats-Unis

L'affaire du Watergate aux Etats-Unis fut un énorme scandale impliquant directement le Président américain de l'époque, Richard Nixon, le forçant à démissionner. Ce scandale eut d'énormes retentissements aux Etats-Unis et dans le monde entier. En janvier 1969, le candidat républicain Richard Nixon devient Président des Etats-Unis. Lors de l'année de la nouvelle investiture en 1972, Nixon désire se présenter pour un second mandat. Il faut dire, qu'aidé par Henry Kissinger, Nixon a réussi quelques prouesses comme la détente avec l'URSS et la préparation de la paix au Vietnam bien que l'invasion du Cambodge en 1970 ne fasse pas que des supporters, notamment chez les jeunes qui manifestent. Cependant, Nixon a toutes les chances de l'emporter car de plus, la signature de la Civil Rights Act améliorant le statut des Noirs quelques années plus tôt à l'initiative du président Johnson, a fait basculer les Démocrates du sud vers les Républicains. Du côté des Démocrates, c'est George McGovern qui est investi mais sa campagne débute mal et il a peu de chances devant Nixon. Arrive alors la mort de John Edgar Hoover, directeur du FBI, en mai 1972. Ayant servi sous huit Présidents, il avait développé le FBI pour lutter contre le communisme, se rapprochant de la mafia et avait renforcé l'espionnage en généralisant les écoutes clandestines. À la CIA, se trouve à la tête Richard Helms, anticommuniste et avec l'arrivée au pouvoir de Nixon, elle renforce ses programmes de surveillance sur des milliers d'Américains bien que cela soit interdit. Mais peu à peu, ces pratiques deviennent connues du public américain grâce à la presse. Des documents sont dévoilés au grand jour par le Washington Post et le New York Times. S'ensuit un bras de fer entre Nixon et la presse, Nixon voulant interdire la divulgation de documents confidentiels ce qui est rejeté par la Cour suprême des Etats-Unis. C'est dans ce contexte que débute le scandale du Watergate
dans la nuit du 17 juin 1972. Cinq cambrioleurs, dont deux Cubains, sont appréhendés dans l'immeuble du Watergate, siège du Parti démocrate. Dans leurs carnets d'adresses, on trouve les coordonnées d'un dénommé Howard Hunt et de James McCord, un ancien membre du FBI et de la CIA et qui est également un membre du Comité pour la réélection de Nixon... Pourtant, le FBI ne poursuit pas d'enquête. Cinq jours plus tard, Nixon affirme que la Maison Blanche n'est en aucun cas impliquée dans ce cambriolage. Cet incident est vite oublié et Richard Nixon est réélu en novembre 1972 après une écrasante victoire contre le camp démocrate. Mais deux journalistes d'investigation du Washington Post ne s'arrêtent pas là. Il s'agit de Carl Bernstein et de Bob Woodward qui découvrent le financement occulte de la campagne électorale de Nixon. Aidés par un informateur inconnu, surnommé « Gorge Profonde », ils arrivent à démêler les fils de ce financement puis sont relayés par la justice américaine. Tout cela fait ressurgir l'affaire du Watergate et en janvier 1973, un procès a lieu contre les cinq cambrioleurs et leur chef, Howard Hunt, ancien agent du FBI ainsi que le commanditaire du cambriolage, Gordon Liddy, ancien du FBI et membre du Comité pour la réélection de Nixon. Le juge du District de Columbia, John Sirica, doutant de leurs affirmations, fait prolonger l'enquête. Finalement, l'un des accusés se rétracte et évoque des pressions de la Maison Blanche. Une commission sénatoriale est alors mise sur pied et dirigée par le démocrate Sam Ervin. L'instruction dure un an et demi et certains proches de Nixon sont déclarés coupables d'obstruction à la justice, de faux témoignages, d'écoutes clandestines et de détournement de fonds. Les poseurs de micro seront surnommés « les plombiers ». Lors de ce procès retentissant, on apprend certains aspects secrets de la guerre du Vietnam mais aussi que des membres de cette équipe des plombiers avaient été envoyés pour détruire à tout jamais la vie politique de Ted Kennedy après son accident. Une liste noire d'adversaires de l'administration Nixon est également été mise à jour, ces adversaires devant être harcelés par le fisc ou poursuivis judiciairement dans n'importe quelle affaire... Bref, ce qui n'était qu'un cambriolage au départ virait au grand déballage sur des pratiques politiques des plus critiquables. Les audiences, transmises à la télévision, vont passionner les Américains, éberlués de voir les dessous du pouvoir surtout quand ils sauront que toutes ces conspirations étaient tramées dans le bureau ovale de la Maison Blanche. Tous les proches du Président sont cités. C'est alors une valse de démissions chez les conseillers de Nixon ou chez des hommes politiques importants. John Dean, conseiller juridique du Président, refusant de servir de bouc émissaire, cite des noms et celui du Président Nixon lui-même qui voulait payer le silence des « plombiers ». Pire encore... le 16 juillet 1973, on révèle qu'à la Maison Blanche, toutes les conversations sont enregistrées à l'insu des personnes concernées. Nixon tente alors de subtiliser les bandes magnétiques concernant les enregistrements des conversations émises dans son bureau. Il s'oppose même à leur restitution au nom « du privilège de l'exécutif ». Archibald Cox, procureur indépendant, à l'initiative de cette demande, est limogé et remplacé par Leon Jaworski, ce qui provoque d'énormes réactions, mais il va lui aussi, réclamer les bandes magnétiques. Devant obéir, Nixon transmet une partie des bandes le 30 octobre 1973 mais dans l'une d'elles, 18 minutes sont effacées. Quelques mois plus tard, un comité d'expert conclut qu'il s'agit d'un effacement délibéré. Dans les autres retranscriptions, l'on entend le Président dans de nombreux passages, tenant des propos ambigus et compromettants sans qu'il soit possible cependant d'intenter des poursuites judiciaires. Le pire, dans cette histoire était la révélation d'un Président Nixon alcoolique et tenant des propos injurieux, Henry Kissinger devant prendre les responsabilités dans les affaires urgentes quand Nixon était incapable de les gérer... Finalement, la Cour suprême demande la restitution des bandes dans son intégralité. Nixon, complètement isolé, est acculé à remettre les bandes fin juillet 1974. On entend Nixon demander que l'enquête sur le cambriolage du Watergate soit enterrée, six jours après les faits. C'est la preuve des mensonges et de la culpabilité de Nixon. Fin juillet, la chambre des représentants vote l'impeachment du Président pour obstruction à la justice, abus de pouvoir et outrage au Congrès. Après s'être défendu et avoir plaidé son innocence, Nixon préfère démissionner plutôt que de vivre l'impeachment. Il quitte ses fonctions le 9 août 1974. Son vice-président, Gerald Ford lui succède et sa première action est de gracier Nixon, ce qui fait l'objet de nombreuses controverses. Toute procédure est donc arrêtée contre lui. Nixon est radié du barreau en tant qu'avocat mais Gerald Ford lui fait remettre ses enregistrements. En tout, 70 personnes furent impliquées dans ce scandale et les peines de prison seront très courtes (de quelques mois). Quant à « Gorge profonde », le secret indicateur, on saura bien des années plus tard, qu'il s'agissait du directeur adjoint du FBI, W. Mark Felt, écoeuré de la décadence du système politique et aussi... de ne pas avoir été nommé directeur du FBI à la mort d'Hoover... Le scandale du Watergate a eu pour conséquence de ternir irrémédiablement le rôle de Président des Etats-Unis aux yeux de la population américaine, mais également le rôle de l'administration. Parallèlement, cette affaire a relancé le journalisme d'investigation qui a toujours depuis, un rôle très important aux Etats-Unis. Cette affaire du Watergate a été très bien illustrée par le film « les hommes du Président ».

Contributions de Cathy
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Saint Alphonse Turibe de Mogrovejo

Alphonse était archevêque de Lima, un grand diocèse comme la moitié de la France à l'époque du roi Philippe II. Il aida beaucoup le Pérou, qui après être conquis, était victime de la cupidité des espagnols. En effet, les colons considéraient les péruviens comme des esclaves. Alphonse fit donc trois voyages de sept ans au Pérou afin d'améliorer les conditions de vie des péruviens et de le rendre leur dignité d'hommes. Les textes le qualifient comme quelqu'un de patient, doux, habile et très courageux.


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