C'était une vraie révolution dans l'histoire de la chirurgie et en outre, on touchait à une symbolique : le coeur. Bien avant que l'on sache que le cerveau dirigeait tout, le coeur avait été considéré comme... le coeur... de l'organisme humain. Il était aussi le siège, pensait-on, des sentiments. Peu importe la polémique qui s'en est suivie sur la paternité de l'intervention. Il s'avère, tout simplement, qu'elle était révolutionnaire dans la technique et dans les esprits. L'opération a eu lieu le 3 décembre 1967 et a duré pas moins que 9 heures et demie. Trente personnes étaient présentes, en assistant le chirurgien qui devait opérer Louis Washkansky, âgé de 55 ans. Le patient était atteint de
diabète et d'insuffisance cardiaque. Quant au donneur, il s'agissait d'une
jeune femme Denise Darvall, accidentée de la route. Le chirurgien s'appelait Christiaan Neethling Barnard, d'origine sud-africaine. Barnard était d'origine modeste, fils de pasteur. Quand son frère meurt d'une pathologie cardiaque, il sait ce qu'il doit faire : être
médecin. Il obtient son diplôme au Cap en Afrique du Sud. À partir de 1956, il est passionné par la chirurgie et étudie aux
Etats-Unis. À Minneapolis, il sait qu'il va choisir la chirurgie cardio-thoracique. Il revient en
Afrique du Sud en 1958 et crée le premier service cardiologique du Groote Schuur Hospital où il se lance dans des recherches. Première victoire : première transplantation de rein en 1959. Il est désormais professeur et en 1961, responsable du département de chirurgie cardiothoracique. Dès lors, mondialement connu, Christiaan Barnard se lance dans les recherches sur le coeur. Cette opération bouleversera le monde entier. Le premier patient Washkansky vécut 18 jours et succomba à une
pneumonie. Barnard ne s'arrêta pas là : opéré le 2 janvier 1968, Philip Blaiberg vivra 19 mois. Dorothy Fisher, opérée en 1969, vivra 24 ans après son opération. Barnard, chercheur impénitent, fut le premier à tester les doubles transplantations en 1974. Il testa également les valves mécaniques et les greffons animaux pour les traitements d'urgence. Il effectua en tout près de 60 transplantations avec un allié de taille, la ciclosporine en tant que traitement immunosuppresseur. Fatigué, Barnard prit sa
retraite en 1983 d'autant plus qu'il était atteint de polyarthrite rhumatoïde. Désormais incapable d'opérer, il continua ses activités en les concentrant sur la recherche contre le vieillissement. Pourtant, en 1986, il fut mis en cause lors de l'élaboration du Glycol par la Food and Drug Administration. Barnard meurt à Chypre d'une crise d'
asthme le 2 septembre 2001. On attribue parfois la première transplantation du coeur à Norman E. Shumway à Stanford et l'on dit aussi que sans les recherches de Shumway, la première
transplantation cardiaque n'aurait jamais eu lieu.
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