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18 juillet 1925 : publication de « Mein Kampf » d’Adolf Hitler… Tout était écrit !

Rarement publication n'aura été si polémique. En effet, « Mein Kampf » (Mon combat) rédigé par le dictateur Adolf Hitler lors de ses années de détention à Landsberg-am-Lech après un coup d'état manqué, contient une présentation de l'idéologie nazie qui allait faire des ravages et aboutir à un génocide. Son premier opus, paru le 18 juillet 1925, ne rencontra guère de succès. Un second, paru le 11 décembre 1926, pas plus. À peine plus de 36 000 exemplaires en allemand vendus pour les deux durant trois ans ! Pas de quoi faire un best-seller ! Pourtant... Après 1930, alors que le monde est en pleine déconfiture économique après la crise boursière de 1929 aux Etats-Unis qui va se répandre en Europe, la demande de cet ouvrage va augmenter jusqu'à atteindre 1,5 million d'exemplaires en 1935 en Allemagne. Il faut dire qu'entre-temps, Hitler était devenu Chancelier d'Allemagne (le tirage atteindra 10 millions d'exemplaires en allemand en 1945, sans compter les traductions étrangères). « Mein Kampf » était devenu très populaire en 1935, ainsi Hitler, rien qu'avec ses droits d'auteurs, put annoncer publiquement qu'il renonçait à ses traitements et salaires pour le poste de Chancelier en 1933... La propagande allait bon train : « comment ? Hitler ne se fait pas payer pour gouverner
l'Allemagne ? Quel homme merveilleux ! ». Dans cet ouvrage, les propos envers la France était très durs mais jamais Hitler ne voulut les corriger. En habile diplomate, il expliquait que ces propos avaient été rédigés alors qu'il était en prison, qu'il se souvenait de la Grande Guerre (1914-1918) mais que son souhait était de redevenir l'ami de la France (propos recueillis en février 1936 par Bertrand de Jouvenel). Il terminera ses propos par « Ma rectification, je l'apporte tous les jours dans ma politique extérieure toute tendue vers l'amitié avec la France... Ma rectification, je l'écrirai dans le grand livre de l'Histoire ! » (Sic !)... Cynique, Hitler ? Mais vous n'y pensez-pas ! « Mein Kampf » est tout autant un document autobiographique avec quelques aspects fantasmagoriques qu'une déclaration politique avec la naissance du parti nazi et ses ambitions. Les bases du programme d'Hitler sont déjà inscrites dans « Mein Kampf ». Ainsi, les théories raciales contre les Juifs et les Tziganes y sont bien explicites ainsi que la volonté d'une domination germanique en Europe. Ses menaces sont donc précises car il n'accepte pas le Traité de Versailles et l'éclatement des cultures allemandes. Il précise que l'Autriche, la Tchécoslovaquie et la Pologne doivent être unies pour construire le « Grand Reich ». Pour arriver à ce but, il faut conquérir de nouveaux territoires afin que l'autosuffisance économique du nouvel empire allemand soit satisfait (où trouve-t-on du blé à l'époque si ce n'est en France, premier pays céréalier d'Europe ?). Tout est dit car « le nouvel essor de la nation allemande doit se faire notamment au détriment des territoires russes, des pays de l'Europe centrale et danubienne, mais aussi à l'ouest, au détriment de la France, inexorable et mortelle ennemie du peuple allemand ». « Mein Kampf » est pourtant traduit en français dès 1934 avec une phrase du Maréchal Lyautey : « Tout Français doit lire ce livre » et publié contre l'avis d'Hitler par les Nouvelles Editions Latines. Malgré l'avertissement de l'éditeur, Fernand Sorlot, « Mein Kampf » poursuivra son chemin jusqu'à l'inexorable. Sorlot écrira : « Hitler ayant obstinément refusé de laisser publier son ouvrage en français, nous avons pensé qu'il était de l'intérêt national de passer outre à ce refus, quelles que puissent être pour nous-mêmes et pour la jeune maison que nous avons fondée, les conséquences de notre initiative ». En aucune manière cependant, l'éditeur ne relève les menaces terribles qui pèsent sur les Juifs et les Tziganes ni ne les met en exergue. L'ouvrage de traduction française sera interdit de vente par le tribunal de commerce de Paris à la demande de l'éditeur allemand. Ce n'est qu'en 1938 que les Editions Fayard sont autorisées à publier « Mein Kampf » dans une édition très expurgée et falsifiée qui n'aura évidemment aucune incidence en France puisqu'Hitler y paraît bien sympathique au fond. Reste que, dans le livre, tel qu'il a été écrit, Hitler évoque sa haine envers la religion juive, son admiration pour la hiérarchie catholique dominant les fidèles, hiérarchie qui nie la science, celle-ci contredisant la religion catholique. Hitler expose aussi son idée que la vision chrétienne est pernicieuse par rapport au monde. Il explique que le métissage qui n'est qu'une dégénérescence de la race initiale pour aboutir à la décadence, il évoque l'infériorité de certains peuples, le danger des Juifs pour les Allemands et l'Europe. Il parle aussi des handicapés qui doivent être éliminés par un eugénisme actif, des peuples inférieurs qui doivent être assujettis aux supérieurs. La France est l'ennemi à abattre, l'objectif principal d'Hitler étant d'écraser la France. Aujourd'hui, si le livre « Mein Kampf » dans ses éditions complètes et non-commentées, ne peut tomber dans le domaine public qu'en 2015, en France, sa parution a été autorisée par un arrêt du 11 juillet 1979.... Toujours est-il que, ce que l'on ne comprend pas à posteriori dans cette histoire, c'est que ce livre paru en 1925, connu des Allemands, des Français, des Européens, n'a pu déclencher un mouvement de révolte chez les politiques et les intellectuels de l'époque... Car... Tout était écrit !

Contributions de Catherine
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Saint Frédéric

Frédéric vécut au 9ème siècle. Le fils de Charlemagne, le roi Louis le Débonnaire, le nomme évêque. L'impératrice décida de le tuer car elle n'aurait pas apprécié les reproches que Frédéric lui faisait à propos de ses débauches. Il pardonna ses meurtriers pendant qu'ils le torturaient.



 

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