Plusieurs années auparavant, relançant
la Guerre de Cent Ans, le roi Jean II le Bon avait été fait prisonnier lors de la sanglante défaite de
Poitiers contre les Anglais. Ce fut donc le Dauphin Charles, son héritier, qui dut assurer la régence. Ce frêle jeune homme de 18 ans n'avait guère l'air d'être très combatif ! Il convoqua pourtant les Etats généraux au nord de la Loire (langue d'oïl) et à
Toulouse (langue d'oc) pour faire face à la situation. En l'absence de la plupart des grands seigneurs, capturés ou tués par les Anglais, ce furent les bourgeois qui firent entendre leurs voix lors des assemblées. Or, le Dauphin avait besoin d'argent mais les députés y mirent des conditions. Lors de ces états généraux, Robert Le Coq était tout dévoué
à Charles le Mauvais, le puissant roi de Navarre. Y assistait également Etienne Marcel, un riche drapier élu prévôt des marchands de Paris en 1355. Charles le Mauvais avait été emprisonné deux ans plus tôt par le roi Jean II le bon et les deux compères exigèrent sa remise en liberté. Le Dauphin dut s'incliner et dut, en outre, faire publier une ordonnance dans laquelle il devait afficher ses préoccupations sociales et démocratiques. Affaibli, le Dauphin vit la pagaille s'installer dans le royaume d'autant plus que Charles le Mauvais, libéré, n'avait qu'une chose en tête : se venger de
la famille des Valois. Il ne trouva rien de mieux à faire que d'entrer en contact avec les Anglais pour s'approprier quelques provinces. D'un autre côté, Etienne Marcel, devenu d'une certaine façon,
le maire de Paris, rêvait pour la ville d'une autonomie comme celle accordée à
Bruges ou à Florence. Fatigué de la résistance du Dauphin, il se lia à Charles le Mauvais, le roi de Navarre haranguant les Parisiens en prenant violemment à partie le Dauphin Charles. Ce fut le chaos à Paris entre Etienne Marcel et Charles le Mauvais d'un côté et le Dauphin Charles de l'autre. Les rixes se multiplièrent. C'est ainsi que le 22 février 1358, au petit matin, Etienne Marcel entra à grand fracas dans la chambre du Dauphin. Il s'en prit à ses conseillers qui furent assassinés devant les yeux de Charles. Horrifié, celui-ci fut obligé de porter le chapeau rouge et bleu aux couleurs de Paris, couleurs des partisans du prévôt. C'était la révolution avant l'heure. Finalement bien plus malin qu'il n'y paraissait, le Dauphin joua le jeu du prévôt de Paris, faisant mine d'accepter ses conseils et même ses réformes. Quelques semaines plus tard, Charles s'échappa de Paris pour réunir des troupes afin d'assiéger la capitale. Entre-temps, Etienne Marcel se déconsidérait de plus en plus à cause de son alliance avec le roi de Navarre et en s'alliant aussi avec des paysans révoltés de Beauvais. Finalement, le prévôt fut assassiné le 31 juillet 1358 par un échevin fidèle au roi, Jean Maillard. Il faut dire qu'Etienne Marcel s'apprêtait à rendre les clés de
Paris au roi de Navarre. Charles le Dauphin rentra donc triomphant dans la capitale quelques jours plus tard. Pour la première fois, la monarchie en France fut menacée et la France échappa de peu à une révolution. Quelques années plus tard, Charles deviendra Charles V le Sage et son premier acte fut d'édifier la Bastille pour mettre en garde les Parisiens... Quatre siècles plus tard, cette histoire va se répéter... Avec succès cette fois pour le peuple révolté !
Auteur : Cathy
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