En début 1943, la plupart des Juifs vivant en Allemagne ont été déportés dans les camps de la mort pour obéir aux décisions de « La Solution finale ». Seuls ne restent à Berlin et en
Allemagne que les Juifs mariés à des non-Juifs (Mischehen) ainsi que leurs enfants. On ne les compte plus qu'au nombre de 20 000 et la moitié d'entre eux vivent à Berlin dans de piètres conditions puisqu'ils ont été dépouillés de tous leurs biens et qu'ils sont obligés de travailler dans des usines d'armement. Pour finir leur sale besogne, les nazis sont un peu gênés par les liens affectifs qui unissent les derniers Juifs aux autres Allemands. Ainsi, l'administration s'efforce de persuader les non-Juifs de demander le
divorce. Dans ce cas évidemment, le conjoint séparé va directement dans les camps d'extermination. Cependant, rares sont les couples qui acceptent de divorcer. Le 31 janvier 1943, c'est la défaite de
Stalingrad et Goebbels, Ministre de la propagande, hurle, complètement hystérique, et demande la « guerre totale » dans les rues des
Berlin. Hitler décide alors de se débarrasser de tous les Juifs qui sont encore en
Allemagne. Le 27 février 1943 commencent des arrestations en nombre menées par la garde personnelle d'
Hitler. Les Juifs sont arrêtés sur leur lieu de travail et les membres de la Gestapo enlèvent les enfants à leur domicile. Cinq centres de détention au coeur de la ville rassemblent des centaines de Juifs Allemands. L'un d'entre eux est situé Rosenstrasse (rue des roses), à proximité du quartier général de la Gestapo chargée des affaires juives. Le soir-même, les femmes, constatant l'absence de leurs époux, se postent devant le centre de détention. Le lendemain, elles sont des centaines qui hurlent et invectivent les nazis afin qu'ils leur rendent leurs maris. Les jours suivants, elles sont de plus en plus nombreuses malgré le froid glacial. Jours et nuits, elles vont manifester inlassablement. Quelques hommes se joignent aussi à elles. La
Gestapo fait alors intervenir la police mais sans succès car dès qu'un groupe est dispersé, un autre se forme à nouveau. Complètement débordée, la police doit faire appel à une brigade de SS. Celle-ci menace de tirer sur la foule mais celle-ci, déterminée, ne faiblit pas. Au bout d'une semaine,
Goebbels doit se rendre à l'évidence et décide de suspendre la rafle des Juifs mariés. C'est ainsi que, dès le 6 mars, les détenus sont autorisés à rejoindre leur famille. Ainsi, pour la première fois, l'amour et la détermination a obligé le pouvoir nazi à faire marche arrière...
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