Que n'avait-on donc raconté sur Tombouctou ! La cité décrite par Léon L'Africain au XVIe siècle faisait état de toits en or, de dallages magnifiques, d'effervescence intellectuelle et religieuse... Le rêve était tel, que la Société de Géographie avait promis une récompense de 10 000 Francs au premier Européen qui atteindrait la ville et rapporterait une description précise de Tombouctou (au Mali). Il faut savoir qu'aucun Occidental n'était revenu vivant d'une telle expédition. C'est alors que René Caillé (ou Caillié), fils de boulanger né dans les Deux-Sèvres en novembre 1799 et orphelin très tôt, va entrer en jeu. Rêvant de noms africains mystérieux, le jeune homme s'embarque le 27 avril 1816 sur une escadrille à
Bordeaux en direction du Sénégal. Cinq navires font partie de l'expédition dont la célèbre « Méduse » qui aura une fin tragique. Arrivé à Saint-Louis-du-Sénégal, René Caillé apprend qu'une expédition anglaise est partie à l'intérieur de l'Afrique pour tenter de retrouver un explorateur perdu depuis dix ans, Mungo Park. Il essaie de rejoindre l'expédition, mais seul et démuni, échoue et retourne à
Bordeaux. Il revient au Sénégal en 1824 pour tenter de découvrir Tombouctou. Caillé rejoint un groupe de Maures, apprend l'arabe, déchiffre le
Coran et s'initie à leurs coutumes. Se sentant prêt, il part de Saint-Louis au
Sénégal le 19 avril 1827 avec une petite caravane, se faisant passer pour Egyptien lettré et musulman auprès des populations locales afin de ne pas être rejeté. Il arrive enfin au but le 20 avril 1828. Tombouctou le déçoit considérablement... Petit village perdu du
Mali, la destination rêvée n'avait rien à voir avec une cité d'or ! Caillé accumule les notes et rebrousse chemin en direction du
Maroc cette fois. Les conditions du retour sont épouvantables. Finalement revenu en
France, il reçoit le prix de la Société de
Géographie le 5 décembre 1828. Par la suite, il publiera en 1830 son « Journal d'un voyage à Tombouctou », publication qui connaît un grand succès et qui va assurer sa renommée. Avec cet argent, il achète un domaine à La Gripperie-Saint-Symphorien en Charente-Maritime. À 39 ans, marié et père de quatre enfants, il y décède le 15 mai 1838 des suites d'une
maladie contractée en
Afrique.
Contributions de Catherine
>>
Voir tous les articles classiques>>
Envoyer cet article à un ami>>
Ajouter cet article dans vos favoris