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9 décembre 1905 : séparation des Eglises et de l’Etat

A l'initiative d'Aristide Briand, député socialiste, la loi de la séparation des Eglises et de l'Etat fut votée le 9 décembre 1905. Elle concernait les Catholiques mais aussi les Protestants luthériens, les Protestants calvinistes et les Juifs. Il faut dire que depuis 25 ans, de graves tensions opposaient le pouvoir républicain et l'Eglise catholique. Au sein du pouvoir républicain, deux théories s'affrontaient. Les héritiers des Jacobins prônaient la suppression pure et simple de la religion chrétienne en souhaitant la confiner au domaine purement privé. Les autres comme Jean Jaurès et Aristide Briand souhaitaient que l'Etat demeure neutre envers toutes les religions en garantissant la liberté de conscience conformément à la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen. Au début des débats entre les deux mouvements, le premier l'emportait sous l'égide du Président du Conseil, Emile Combes qui fit fermer les écoles religieuses. Cependant, il fut remplacé par Maurice Rouvier, compagnon
de Gambetta. Ce dernier était beaucoup plus tolérant et proche de la gauche républicaine. Aristide Briand, excellent orateur, calma les esprits surchauffés. C'est ainsi que la nouvelle loi, au lieu d'être répressive, proclama la liberté de conscience en garantissant le libre exercice des cultes. De fait, l'Etat manifestait sa neutralité religieuse tout en garantissant le libre exercice des religions dans le respect de celles d'autrui. Des aumôneries furent ainsi permises dans les lycées, les casernes, les prisons ou les hôpitaux. De fait aussi, les prêtres, les pasteurs, les rabbins ne furent plus rémunérés par l'Etat qui n'intervint plus dans leur nomination. Quant aux biens des Eglises, ils devinrent propriété de l'Etat tout en pouvant être mis à disposition des représentants des Eglises. Les Eglises faisaient une « bonne affaire » puisque les évêques par exemple devenaient complètement indépendants de l'Etat et de l'administration mais en outre, les édifices religieux très coûteux en entretien dépendaient désormais de l'Etat, seuls les bâtiments postérieurs à 1905 étant la propriété des Eglises. Les plus intransigeants, quant à eux, s'accommodèrent de cette loi dans laquelle ils virent le premier signe d'une réelle indépendance religieuse, voire d'une destruction à plus ou moins brève échéance des dogmes religieux. Bien sûr, il fallut faire un inventaire des biens des églises jusqu'au moindre vase. Certains y virent une sorte de profanation et ces inventaires menés sans aucun ménagement réveillaient les vieilles rancoeurs. Le Pape Pie X prit une position radicale en interdisant aux prêtres d'utiliser gratuitement les lieux mis à leur disposition. C'est ainsi que de nombreux bâtiments laissés à l'abandon furent repris par l'Etat qui y installa ses administrations. Pour apaiser les esprits, Georges Clemenceau, Président du Conseil et Aristide Briand, Ministre de l'instruction publique et des cultes, décidèrent par la loi du 2 janvier 1907 mirent plus de 30 000 édifices à la disposition des Eglises et cela, gratuitement. Deux mois plus tard, les croyants furent autorisés à se réunir sans déclaration préalable et les sonneries de cloches furent autorisées. Les traditions locales furent respectées (enterrements religieux). Peu à peu, une fois le calme revenu, les relations diplomatiques entre l'Etat français et le Vatican reprirent. Le Pape Benoît XV promit de consulter la République avant de nommer des évêques et de son côté, l'Etat français donna le titre d'associations cultuelles aux associations diocésaines mises sous l'autorité des évêques. La paix religieuse fut consolidée et l'anticléricalisme déclina. Seule exception sur le territoire français, l'Alsace et la Moselle qui ne redevinrent françaises qu'en 1918 et qui restèrent sous le régime du Concordat de Napoléon établi en 1801 (les curés, pasteurs et rabbins sont rémunérés par l'état en étant des fonctionnaires et les évêques sont nommés par le Ministre de l'Intérieur avec l'approbation du Vatican).

Contributions de Catherine
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Sainte Léocadie

Sainte Léocadie était la patronne de Tolède, en Espagne sous le règne de Dioclétien, en 304. Elle fut accusée de répudier sa religion et fouettée en public avant d’être dénudée et jetée au cachot jusqu’à la mort. Une cathédrale fut érigée en 618, afin de lui rendre hommage.



 

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