Il faut attendre la fin de la
Seconde Guerre mondiale pour que la communauté homosexuelle ressente la nécessité de s'organiser politiquement, notamment pour lutter contre l'
homophobie et les persécutions qu'elle subissait de la part des États. Cette lutte se déroule en deux phases plus
ou moins distinctes, d'abord avec le mouvement de libération gaie, dans les années soixante dix, puis plus tard avec le mouvement pour les droits des gais dès les années quatre vingt, mouvement qui prédomine encore aujourd'hui. Même si on retrouvait des noyaux déjà existants aux
États-Unis (avec notamment la Mattachine Society, ou les Daughters of Bilitis), en France (avec la revue « Arcadie ») et ailleurs, le mouvement de libération gaie fera vraiment son
coming-out en juin soixante neuf, au cours des célèbres émeutes qui explosent à
New York autour du bar Stonewall Inn. Le bar de Stonewall Inn, surtout fréquenté par des drag queens porto-ricaines et des lesbiennes, fait l'objet un soir de 28 juin d'une énième descente policière. C'est probablement la descente de trop pour les clients ! Ainsi, rapidement le bar et les
rues autour s'embrasent, des policiers sont pris en otage et les
bouteilles volent sur les quelques quatre cent
policiers, qui doivent affronter pendant plus de deux jours quelques deux mille émeutiers bien décidés à se faire entendre... C'est à partir des émeutes de Stonewall qu'une poignée de militants de la cause homosexuelle qui existait se transforment en une armée d'activistes du Mouvement de Libération Gaie, qui frapperont bientôt dans tous les
pays occidentaux ! En
France, les tenants de la libération gaie se feront connaître pour la première fois au début de l'année mille neuf cent soixante et onze. Ils sont alors regroupés au sein du curieux Front homosexuel d'action révolutionnaire (le F.H.A.R), dont
Guy Hocquenghem sera l'un des pricipaux animateurs. Le PHAR interrompt avec succès une tribune de
radio, qui porte en ce 10 mars 1971 sur le thème: « L'
homosexualité, ce douloureux problème »... L'essentiel du commando est alors constitué de lesbiennes, avec parmi elles de nombreuses militantes féministes, dont la célèbre écrivaine Monique Wittig. Pour autant, le P.H.A.R se masculinise au fur et à mesure des mois.
Daniel Guérin, auteur de l' »Anthologie de l'
anarchisme », compte entre autres parmi les nouveaux membres du PHAR. Il y adhère d'autant plus volontiers que sa pensée colle parfaitement avec l'esprit libertaire qui anime le groupe... Enfants perdus de
Mai 68, les membres du FHAR ressentiront un besoin pressant de vivre leur idéologie au concret... C'est ainsi que des personnalités comme Guérin ou Françoise d'Eaubonne iront ainsi jusqu'à se déshabiller en pleine »A.G », pour exprimer concrètement la libération des
corps....
Date de création : 28/07/2007 17:10
Auteur : Ludovic

Le Mouvement de Libération Gaie
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