A en croire Sherlock Holmes ou le commissaire Maigret, la pipe aide à la réflexion et à la résolution des énigmes les plus ardues, mais d'un autre coté, l'inspecteur
Colombo, célèbre
fumeur de cigares, est également un fin limier... Notons par ailleurs que bien d'autres grands
détectives ne font aucun usage du tabac sous quelque forme que ce soit. De fait, la pipe, de même que le cigare, ne peuvent être que des accessoires qui aident, certes, à la concentration mais n'ont rien d'indispensable. En outre, tous les instruments qui permettent de fumer doivent être utilisés très modérément en raison des
méfaits du tabac. Pourtant, dans le même ordre d'idée, l'image de l'intellectuel, professeur,
philosophe ou autre « penseur » allumant sa pipe avant de proférer de profondes réflexions a quelque peu vieilli mais demeure un classique dans l'imagerie populaire. On sait moins que l'usage de la pipe à tabac a connu bien des évolutions avant de se fixer sur ce phénomène très présent sur les écrans et la littérature.
S'il est évidemment impossible de dater l'apparition de la première pipe, on sait, en revanche, que l'homme fume la pipe depuis plusieurs millénaires. Les chercheurs ont découverts des fragments en os sur tous les continents. L'usage de la pipe à fumer est apparu en
Europe vers le XVIIème siècle. Cependant, si son usage premier était purement thérapeutique, l'exemple des indiens d'
Amérique qui fumaient déjà des pipes de tabac fut rapidement importé chez nous. Le tabac a ainsi commencé à être fumé vers les années 1560, auparavant il était consommé sous forme de prise ou de cigare. Avant l'apparition des premières feuilles à rouler, la pipe était très populaire chez les ouvriers pour qui les cigares étaient trop chers. Paradoxalement, ce sont les intellectuels qui ont imité les ouvriers par esprit de fraternité et sont ensuite devenus les fumeurs de pipes les plus nombreux. Effectivement, la cigarette devint très vite plus courante et la population des fumeurs de pipes évolua en fonction des modes. Au XIXème siècle, par exemple, l'usage de la pipe à tabac était du meilleur goût dans les salons et le haut gratin de la société s'en était emparé, alors qu'au siècle suivant, c'est l'armée qui devint la classe favorite des fumeurs de pipe. Passée de l'image populaire du départ, imitée par les intellectuels, à celle du plus grand raffinement puis à celle de la virilité sportive, c'est donc finalement au penseur que la pipe à tabac est demeurée associée. Sans aucunement vouloir faire l'apologie du
tabac sous quelque forme que soit, force est de reconnaître que l'usage de la pipe requiert un savoir spécifique et constitue un cérémonial qui, à lui seul, permet de se détendre. Pour apprécier au mieux son instrument, il faut choisir les éléments qui conviennent le mieux car les pipes possèdent de multiples options, la couleur, la forme ou encore la matière, par exemple. Parmi les caractéristiques les plus importantes, citons la longueur du tuyau qui détermine la température de la fumée car plus le tuyau est long, plus la fumée peut refroidir, ainsi que sa forme, en effet, la pipe courbe, présente l'avantage d'être plus légère dans la bouche que
la pipe droite. Toutefois, le choix le plus important concerne la matière utilisée pour fabriquer le tuyau, l'ébonite, traditionnelle mais qui vieillit mal ou l'acrylique plus résistant mais plus cher. Quant à la finition, les
fumeurs de pipe ont désormais le choix entre de très nombreux modèles, des
pipes de bruyère traditionnelles aux pipes en porcelaine et en terre qui sont les plus anciennes, en passant par les pipes en écumes avec leur fourneau en écume et un tuyau en ambre, sans compter les nouveautés en métal, en
plastique, en
bambou, en ivoire... mais toujours à consommer avec beaucoup de modération.
Date de création : 15/02/2008 17:40
Auteur : Regine

L’image du fumeur de pipes
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