De son vrai nom Marie-Joseph Paul du Motier, La Fayette est né en 1757 au château de Chavaniac en
Auvergne, issu d'une famille noble. Orphelin à 13 ans, le riche marquis se marie à 16 ans avec Marie-Adrienne Françoise de Noailles, une des plus grandes familles de France. N'ayant pas la vocation d'être courtisan, il
embrasse la
carrière militaire à 17 ans. La Fayette devient capitaine des dragons et il a 19 ans quand les colonies britanniques d'Amérique déclarent leur indépendance. Ami de
Benjamin Franklin, il est enthousiaste et s'embarque en avril 1777 pour l'Amérique. Arrivé à
Philadelphie, il offre ses services au Congrès Républicain et il rejoint l'armée des Etats-Unis (nouveau nom des colonies britanniques) en tant que major général.
George Washington l'envoie en France pour demander de l'aide financière et surtout
logistique de la part de Louis XVI. Ce dernier hésite mais La Fayette le persuade d'engager la France militairement. Une grande amitié s'instaure entre les deux pays. A son retour aux Etats-Unis en 1780, il est nommé par Washington commandant des troupes de
Virginie. Il gagne la bataille de Yorktown en 1780 et regagne la France en 1782 : il est nommé maréchal de camp. Il est accueilli triomphalement à la Cour et Louis XVI le traite avec bienveillance. Lors de la Révolution, il est député de la noblesse d'
Auvergne, participe aux Etats généraux. Il est également membre de la société des Amis des Noirs et
franc-maçon. La Fayette est très influencé par les idées de son ami
Washington et il présente un projet de «
Déclaration des Droits de l'Homme », largement inspiré de la Déclaration américaine, à l'Assemblée constituante. Il est nommé commandant de la Garde Nationale en juillet 1789 mais ne peut empêcher le peuple d'envahir
Versailles les 5 et 6 octobre. Il est débordé mais sauve de justesse Marie-Antoinette et paraît avec elle au balcon de la chambre du Roi. Il paraît désormais suspect à tous, monarchistes ou républicains. Il participe à la Fête de la Fédération le 14 juillet 1790 au
Champ de Mars et écoute
Talleyrand présenter la nouvelle constitution devant une immense foule. La Fayette devient le personnage le plus important de France. En 1791, il est à la tête de l'armée du Centre puis de celle du Nord pour repousser les Autrichiens. Toujours royaliste tout en étant républicain, il tente de proposer une monarchie constitutionnelle, s'opposant ainsi aux Jacobins. Le 20 juin 1792, le couple royal demeurant désormais au
Louvre, est une nouvelle fois menacé par le peuple. La Fayette n'arrive pas à maîtriser la situation. Marie-Antoinette s'en méfie de plus en plus et souffle à son époux : « Je sais bien que M. de la Fayette nous protège... Mais qui nous protègera de M. de La Fayette ?». D'après ses convictions politiques, il est déclaré traître à la
Nation le 19 août 1792. Il se réfugie à
Liège et tente en 1793 d'empêcher que
Louis XVI et
Marie-Antoinette ne soient guillotinés. Capturé par les Prussiens et les Autrichiens, il doit sa libération à Napoléon lors du traité de Campo-Formio en 1797 mais
le Directoire lui interdit de rentrer en France. Il s'exile aux Pays-Bas et finit par rentrer en France en novembre 1799 mais Napoléon, redoutant la popularité de La Fayette, lui interdit de demeurer à
Paris. Il s'installe donc en Seine-et-Marne dans une propriété appartenant à son épouse. Les choses s'arrangent entre les deux hommes grâce au frère de Napoléon, Joseph Bonaparte, mais Napoléon se méfie toujours. Il a sans doute raison car La Fayette ne cache pas son hostilité au nouveau régime. D'ailleurs, il refuse pour Napoléon le titre de consul à vie en 1802 ainsi que le titre d'Empereur en 1804. Il se rallie aux Bourbons en 1814. À l'écart de la vie publique depuis une dizaine d'années, il réapparaît à la chute de l'Empire. Il est élu député de Seine-et-Marne et lors des Cent-Jours, demande l'abdication de
Napoléon Ier. Il s'oppose ensuite à la Restauration et fait partie de la « Charbonnerie » en 1821 (sorte de société secrète venant d'Italie prônant une monarchie constitutionnelle libérale et l'indépendance nationale). Il est cependant battu aux élections de 1823 et retourne en Amérique. Il est accueilli triomphalement lors d'une grande tournée dans le
Pays en 1824 et 1825. Il reçoit 200000 dollars en gage de remerciement et 12000 ha en
Floride. Il rentre en
France et obtient de nouveaux mandats. Lors de la révolution de 1830, il se rallie à la maison d'Orléans en soutenant
Louis-Philippe. C'est lui qui le décore de la cocarde tricolore et lui remet le drapeau bleu-blanc-rouge. Le héros de
la Révolution décède le 20 mai 1834. Les Etats-Unis lui rendent régulièrement hommage, notamment le 8 août 2002, en le nommant à titre posthume citoyen d'honneur des
Etats-Unis d'
Amérique : un privilège exceptionnellement rare. Il est, encore aujourd'hui, l'étranger le plus populaire et le plus reconnu par les
Etats-Unis, avec Churchill.
Date de création : 06/08/2006 16:48
Auteur : Catherine

La Fayette
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