Au début du XVIIe siècle, de nombreuses églises se construisent ou sont reconstruites à Paris, à la suite du Concile de Trente, sous l'impulsion de quelques grands personnages comme Armand Jean du Plessis de Richelieu (1585 – 1642). Le cardinal fut en effet un grand bâtisseur et un
urbaniste dont les projets, par leur ampleur et leur
portée symbolique et politique, furent déterminants pour la
France et Paris. Parmi ces projets, la réfection des bâtiments de la Sorbonne et la reconstruction de la chapelle est, selon Antoine Aubéry, premier historien du cardinal « celui pour lequel il a témoigné le plus de passion ». La chapelle, futur sépulcre de Richelieu, dont la réalisation fut confiée à son architecte favori, Jacques Lemercier (1580 – 1654), témoigne ainsi des aspirations du cardinal, et au-delà, d'un pouvoir religieux et
Politique triomphant. La Sorbonne et ses bâtiments sont créés au XIIIe siècle par Robert de Sorbon, chanoine et confesseur de Saint Louis. A l'époque, il s'agit d'un collège pour les étudiants pauvres. Avec d'autres collèges, ils forment ensuite l'Université de Paris, et les bâtiments de Sorbon, la Sorbonne, deviennent une
université de théologie très réputée et proche du pouvoir royal. Au début du XVIIe siècle, les bâtiments tombent en ruine. Richelieu décide alors de financer leur reconstruction, ainsi que celle de la chapelle. Petit à petit, le projet pour la chapelle prend de l'ampleur et le cardinal décide que la chapelle sera l'endroit où il sera inhumé, ainsi que le centre du quartier latin, remodelé. A sa
mort, en 1646, les travaux sont terminés en grande partie. L'entrepreneur des travaux est Jean Thiriot, les sculptures sont de Simon Guillain et de Claude Berthelot, les
peintures de
Philippe de Champaigne. Le tout sur des plans de Jacques Lemercier. La chapelle de la Sorbonne, en pierre, mesure 49 sur 24,5 m. Son plan est un mélange de croix latine et de plan centré. La nef et le choeur se composent chacun de deux travées et sont encadrés de quatre chapelles à deux travées. La liaison entre la nef et le transept, et le transept, avec le choeur, se font à l'aide d'une demi-travée, tandis que les bras du transept se composent également d'une demi-travée. Cette disposition permet de placer la croisée du transept, de plan carré, au centre de l'édifice. Cela crée un jeu sur les espaces. L'entrée principale est au nord. Cette breve description permet de replacer l'importance de l'architecte qui restaura cet édifice, Lemercier. Il fut en effet l'
architecte préféré du cardinal de Richelieu et participa aux travaux d'architectures les plus importants, comme le chantier du Val de Grâce ou celui du
Louvre. Sa chapelle de la
Sorbonne fut très appréciée de ses contemporains pour son classicisme et ses références à l‘architecture romaine. Le portique de la façade collégiale, inspiré du portique du Panthéon à
Rome, séduisit par sa romanité. Germain Brice écrit à ce propos, en 1648, « il l'a imité en maître [le
Panthéon], qui sait s'approprier le bon des excellents ouvrages, sans pour autant s'ôter la liberté d'y introduire de nouveaux ornements et de diminuer suivant ce qui lui paraît convenable ». De même, Germain Brice, dans le tome trois de Description de la ville de
Paris et de tout ce qu'elle contient de plus remarquable (publié pour la première fois en 1684) ajoute : « Toutes les parties de cet édifice sont dans des proportions si justes, et les points de vue en sont si bien entendus, que tout y paroît fait l'un pour l'autre, et se prêter de mutuelles beautez [...]. Ces choses différentes se rapportent les unes aux autres si heureusement qu'on ne peut désirer une plus belle ordonnance, ni une décoration extérieure plus parfaite.» De manière générale, ce sont donc les références à l'architecture romaine, ainsi que la mesure et la rigueur de l'architecture de Lemercier qui plaisent dans cette édifice, son « classicisme ».
Date de création : 02/12/2006 11:44
Auteur : Julien

chapelle du collège de la Sorbonne
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