Le 23 juin 1910 naît à
Bordeaux un homme qui marquera le vingtième siècle. Le 3 octobre 1987 meurt la même personne à
Lausanne. Cette personne est un homme et cet homme était Jean Anouilh. Jean Anouilh fut un immense dramaturge et homme de lettres français. Son importance fut telle
que l'Education Nationale donna son nom à des dizaines d'écoles en
France et que de nombreuses de ses oeuvres sont jouées partout dans le monde. Son père était tailleur (de vêtements ou de pierre, on ne sait pas !) et sa mère une musicienne, une pianiste de tournée qui donnait également des cours. C'est pendant ces tournées de théâtre et casinos que le petit Jean va découvrir le
théâtre de Marivaux, de
Molière et de
Musset, qu'il vénérera par la suite. Il n'a que onze ans quand il se retrouve à
Paris, au collège Chaptal, où il commence déjà à beaucoup aimer le théâtre. Avec son ami Jean-Louis Barrault, Jean Anouilh découvre le théâtre de Paul Claudel, de Luigi Pirandello (un Italien prix Nobel de 1934) et de George Bernard Shaw (un Irlandais
prix Nobel de littérature en 1925) et finalement de Jean Giraudoux : c'est à l'une de ces représentations (la pièce « Siegfried ») que Jean Anouilh saisit que le théâtre sera son moyen d'expression et par-là même, sa vie. « Les Mariés de
la Tour Eiffel » de
Jean Cocteau le frappe tout aussi fort et Jean Anouilh de se lancer dans le
théâtre ! Il écrit donc la farce « Humulus le muet » en 1929, tout en travaillant dans une
agence de publicité où il rencontre le poète
Jacques Prévert, mais c'est en 1932 que Jean Anouilh rédige sa première pièce sérieuse : c'est « L'Hermine ». Il n'a que vingt-deux ans et les critiques sont bonnes ! Entre temps, il fut le secrétaire particulier de l'immense
Louis Jouvet, acteur de grand talent et se marie avec la comédienne Monelle Valentin. Toutefois si « L'Hermine » est un succès d'estime, « Mandarine » en 1932 et « Y avait un prisonnier » en 1935 sont des échecs cuisants... Les temps sont donc durs pour Jean Anouilh, mais sa passion et son acharnement ne lui font pas baisser les bras. Jean Anouilh s'associe au metteur en scène Georges Pitoëff et c'est le succès en 1937 : « le Voyageur sans bagages » sera représenté 190 fois au
théâtre des Mathurins ! Cela continue de même en 1938 pour « La Sauvage » créée par Pitoëff et pour « Le Bal des Voleurs », créé par André Barsacq. En 1939, il fonde avec Jean-Louis Barrault et René Barjavel la revue « La Nouvelle Saison ». Jean Anouilh est donc lancé sur la bonne voie. Quand vient la guerre, il ne prend pas parti, ce qui lui sera ensuite reproché. Jean Anouilh commence alors d'écrire des pièces d'un ton plus grave, comme « Leocadia » en 1940, « Eurydice » et « Le Rendez-vous de Senlis » en 1941 puis son oeuvre la plus connue : « Antigone », en 1942 mais qui ne sera jouée qu'en 1944. Dans les premières représentations, le public restait froid, ce qui fit douter Jean Anouilh et André Barsacq de sa valeur. Mais ensuite, la tragédie qui relit la pièce originale du dramaturge de
la Grèce antique,
Sophocle connaîtra énormément de succès. Elle sera toutefois vivement critiquée après la guerre, car on y verra une prise de position positive de l'auteur pour l'ordre établi par les Allemands nazi – or il semblerait que Jean Anouilh n'ait jamais été bien clair sur ses positions
politiques ! De plus, en 1945, il essaie de sauver de la peine de mort Robert Brasillach, un de ses amis avec qui il avait écrit dans la revue d'extrême-droite « Je Suis Partout » et qui était un collaborateur reconnu... Mais Brasillach est fusillé et Jean Anouilh en ressort marqué. En 1946, le comédien Michel Bouquet se met à son service et participera à toutes ses pièces – nombreuses à partir de cette époque ! « Mourir, ce n'est rien. Commence donc par vivre. C'est moins drôle et c'est plus long » disait Jean Anouilh.
Date de création : 03/12/2006 13:33
Auteur : Jonathan

Jean Anouilh
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