Saint-Étienne n'est pas uniquement le nom donné à l'une des plus célèbres équipes de football de France, mais il s'agit également d'un nom fréquemment donné aux cathédrales gothiques des différentes villes de France. Ainsi on retrouve le nom de Saint-Étienne à
Toulouse, Auxerre (une autre ville du
football) ou encore Bourges. Grâce à Henri de Sully, frère d'Eudes de Sully à qui l'on doit notre-dame de Paris, on choisit la ville de
Bourges pour construire une nouvelle cathédrale, la cathédrale Saint-Étienne, sur les restes de l'ancienne cathédrale romane. En 1190, on débute le chantier de l'édifice. On forme une structure classique avec des piles composées pour une écriture qui va se renouveler dans l'élévation. On limite au maximum les supports périphériques à la pile, on participe à l'élévation avec des supports plats et sans réseaux. La pile ondule ainsi sur toute la surface des murs avec des courbes et des planes. L'élévation, elle, est dépouillée à la manière de Notre-Dame de Paris, dont l'influence est fortement présente.
L'écriture est ainsi unifiée par des courbes. En 1260, la façade de Saint-Étienne de
Bourges est terminée et la cathédrale est totalement inscrite dans le tissu urbain. On a une ruelle inscrite dans la continuité du portail central, portail totalement démesuré formé de cinq portails qui ouvrent chacun sur un des vaisseaux de la cathédrale. Ils sont tous chevauchés d'un gable, qui participent tous à la verticalité de l'édifice. Le portail central reprend un jugement dernier, on crée un nouveau message iconographique qui instaure la standardisation de l'image de culte, on uniformise tout par un sens commun, un sens eschatologique (de la fin des temps en d'autres termes). L'intérieur de l'édifice se comporte de la façon suivante. La cathédrale Saint-Étienne dispose d'une façade occidentale qui s'ouvre sur une voûte d'ogive sexpartite (on voit six branches sur la voûte par travée) donnant sur un transept au double bas coté et double déambulatoire (la partie tournant autour du choeur de l'église) se terminant par cinq absidioles (de petites chapelles réparties tout autour du choeur). On retrouve ainsi un plan sirciforme (c'est-à-dire qui se développe uniquement sur la longueur, l'église n'a pas de bras, de transept) comme à Notre-Dame de
Paris par exemple. La cathédrale s'inscrit ainsi dans la plus pure tradition gothique. Cependant le reste de la cathédrale Saint-Étienne a été intégralement revu par rapport à
notre-dame de Paris, notamment avec une élévation à cinq niveaux pour le choeur, avec des baies, un triforium (une sorte de galerie peu large, en élévation, et donnant sur la partie centrale de l'édifice), des fenêtres hautes, un triforium et des
fenêtres hautes. L'édifice repose sur une crypte qui est présente pour faire face au problème topologique lié à la présence de l'ancien mur gallo-romain passé à travers le choeur de l'édifice, la crypte ne prend ainsi pas de valeur liturgique mais tout simplement utile puisqu'elle sert à mettre à niveau la nef par rapport au reste de l'édifice, ne créant pas de variations dans la dénivelée au sein même de l'édifice. La crypte de Saint-Étienne ne reçoit pas de relique, cette dernière étant à partir du XIIIe siècle exposée dans le choeur. Cependant la crypte fut un véritable atelier pour les francs maçons tailleur de pierre. Le
maître d'oeuvre a d'ailleurs dessiné des motifs dans cette crypte, à laquelle on accède par un long couloir de 3m de long. La crypte est ainsi richement parcourue d'une
décoration vouée à la luxure. L'édifice, de par sa crypte mais également ses cinq niveaux d'élévation, est l'un des plus hauts monuments gothiques jamais construits en
France. La cathédrale
Saint-Étienne est d'ailleurs, aujourd'hui classée, au patrimoine mondial de
l'UNESCO, depuis décembre 1992.
Date de création : 22/12/2006 20:39
Auteur : Julien

Cathédrale Saint-Étienne de Bourges
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