Ne confondez pas la Louisiane actuelle avec la Grande Louisiane Française. À l'époque, le territoire était immense. S'il vous est possible de vous procurer une carte des Etats-Unis, vous verrez que la Grande Louisiane comportait tout l'ouest du fleuve Mississippi soit actuellement les états entiers ou une partie des états actuels cités ci-après :
Arkansas,
Missouri,
Iowa,
Minnesota,
Dakota du Nord,
Dakota du Sud,
Nebraska, quelques parties du
Nouveau-Mexique, du
Texas. Sans compter l'
Oklahoma, le
Kansas, des parties du
Montana, du
Wyoming, du
Colorado, de Manitoba dans le
Canada actuel ainsi que du
Québec, et évidemment la Louisiane actuelle. Ainsi, l'ancienne colonie française de la Louisiane représentait 22 % de la superficie des Etats-Unis aujourd'hui. Savez-vous à quel prix Napoléon Ier a vendu ces territoires ? Pour la somme dérisoire de 15 millions de dollars (équivalent à près de 400 milliards de dollars en 2003, c'est-à-dire presque rien par rapport à la valeur de tous ces états réunis aujourd'hui). À l'époque, La Nouvelle-Orléans contrôle tout le territoire et le fleuve
Mississippi. Un traité avait été signé avec l'
Espagne en 1795, les Américains pouvant utiliser le port de la grande ville. Napoléon reprend la Louisiane aux Espagnols (la région est aux mains des Espagnols depuis 1762) mais il s'agit d'un traité secret. Pour s'assurer de leur commerce, les Américains gouvernés par Jefferson, envoient des émissaires pour traiter avec les Français à Paris dont Robert Livingstone pour acheter la région. Tout d'abord, les Français refusent toute vente en 1801. L'année suivante, Pierre Samuel du Pont de Nemours reprend les négociations. Soumis à Jefferson, il entreprend de courtiser Napoléon. Il propose donc un prix important pour l'époque contre l'avis de Jefferson, qui trouve la proposition trop chère, et de
Talleyrand qui, visionnaire, voit dans cette vente, la fin de la colonisation de la
France en Amérique du Nord. Jefferson est malin, il utilise donc ses deux ambassadeurs de manière contradictoire : l'un ayant des instructions, l'autre non et inversement. Pendant ce temps, Napoléon Ier est en butte à des difficultés dans les îles de
Saint-Domingue (
Haïti) mais aussi en
Guadeloupe : il a en effet rétabli l'esclavage le 20 mai 1802. Ses troupes sont en outre décimées sur place par la
fièvre jaune. Par ailleurs, les Anglais se pressent de rompre le traité d'
Amiens et le conflit avec les Britanniques semble inéluctable. Toutes ces circonstances amènent Napoléon à renoncer à ses ambitions pour le Nouveau Monde d'autant plus que les caisses du Trésor sont vides. Napoléon, au lieu de ne vendre que la Nouvelle Orléans, vendra toute la grande Louisiane, pensant peut-être que sans cette grande ville, le reste ne valait rien. Pourtant les Américains étaient prêts à payer 2 millions de dollars rien que pour la ville de la Nouvelle-Orléans. Or, Napoléon est prêt à vendre la totalité de la Grande Louisiane pour 22 millions de dollars ce qui, évidemment, les laisse complètement perplexes vu la grandeur de la région. Le kilomètre carré est ainsi vendu à 7 dollars. Les mandatés américains Monroe et Livingstone s'empressent d'accepter. Quant à Napoléon, on ne sait pas ce qu'il lui est passé par la tête : sans doute voyait-il là un habile stratagème à court terme pour contrecarrer les Anglais... Toujours est-il que, ne voyant pas plus loin que le bout de son nez, l'empereur des Français a engrangé une coquette somme pour battre les Autrichiens et les Prusses pendant quelques années, laissant les Anglais influencer toutes les terres américaines car il ne faut pas oublier que les territoires principaux étaient ce que l'on appelle la Nouvelle-Angleterre. La vente de la Grande
Louisiane le 20 avril 1803 par le traité de
Paris, sera annoncé par Jefferson le 4 juillet, date
anniversaire de la Déclaration d'Indépendance des
Etats-Unis. C'est à partir de cette date que l'expédition
Lewis et Clark aura lieu sur les anciens territoires français et au-delà vers le Pacifique. Napoléon n'aura pas fait qu'une erreur ce jour-là, il aura fait une faute, permettant ainsi à la culture britannique et à la langue anglaise de s'infiltrer sans vergogne en
Amérique du Nord jusqu'à atteindre tous les points du globe... Isn't it my Dear ?
Date de création : 13/02/2007 20:53
Auteur : Catherine

Grande Louisiane et Napoléon Ier
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