L'histoire de la faïence de Bordeaux commence lorsque Pierre Hustin, trésorier de marine, se voit accorder par le Roi en novembre 1714 par lettres patentes le privilège exclusif de la commercialisation et de la production des faïences stannifères à Bordeaux. Valable dix lieux autour de Bordeaux, ce privilège lui sera renouvelé en 1762... Pour autant, les ateliers peinent à rivaliser
avec les grandes maisons faïencières du XVIIIème siècle, malgré une production de qualité...Mais si les débuts sont difficiles, l'histoire retiendra le nom des faïences de Bordeaux pour l'originalité et la particularité de leurs couleurs : du rose de
Montpellier au bleu d'Extrême Orient, en passant par le vert de Moustiers, les faïences s'ornent de filets et de contours violets de manganèse, caractéristiques des faïences de Bordeaux à cette époque. La bourgeoisie bordelaise a d'ailleurs tôt fait de passer d'importantes commandes devant la qualité des produits, personnalisables à souhait. C'est ainsi que l'on retrouve sur les riches tables de Bordeaux de somptueux services de faïence aux armes de leurs acquéreurs fortunés, et d'immenses armoires « de port » s'ouvrent alors sur des collections extraordinaires de faïences de Bordeaux, tantôt à la gloire du vin bordelais, tantôt aux arts de la table... A l'aube de la
Révolution française, on ne comptait pas moins de huit faïenceries à Bordeaux, mais dont la production n'égalait en rien la qualité des faïence Hustin. Ces faïences étaient en fait destinées aux paysans aisés et à la petite et moyenne bourgeoisie d'alors : les faïences sont ornés de motifs naïfs et peu originaux. En fait, le véritable développement de la faïence de Bordeaux est daté au jour de la création d'une manufacture de
faïence par Bloudon de Saint-Amans, manufacture qui est rapidement cédée à David Johnston, qui en ouvrira plus tard une autre, plus grande : on y compte à l'époque plus de sept cent ouvriers ! Dès lors la
production peut s'industrialiser, et s'ouvrir à un public plus large sans perte de qualité. Quand Jules Vieillard succède à Johnston en 1845, les faïences de Bordeaux sont au sommet de leur gloire, couronnées plusieurs fois aux Expositions Universelles (c'est d'ailleurs pour cette raison que l'on parle aussi de « Faïences Vieillard »...). Le style des faïences est alors plutôt tourné vers un orientalisme très riche en détails, et le public exigeant se
rue vers les « assiettes au chinois », d'une exceptionnelle
Beauté. Vint ensuite
la mode des fleurs puis des
Oiseaux, qui connaîtra aussi un grand succès... L'usine ferme en 1895, au grand dam des
amoureux des faïences de Bordeaux, que le passionné pourra retrouver au Musée des arts décoratifs de
Bordeaux.
Date de création : 08/03/2007 16:20
Auteur : Ludovic

Faïence de Bordeaux
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